La Colombie, pays fracturé en proie aux menaces d’une classe politique pyromane
Le président élu d’extrême droite Abelardo de la Espriella doit prendre ses fonctions le 7 août dans un contexte extrêmement tendu, la gauche menaçant de bloquer le pays. Pour l’écrivain colombien Juan Gabriel Vásquez, chroniqueur pour “El País”, cela risque de relancer un nouveau cycle de haine da…
Résumé
Élection tendue en 2026
Le 21 juin 2026, la Colombie a organisé une élection présidentielle particulièrement serrée, opposant deux candidats aux visions politiques opposées.
Abelardo de la Espriella, candidat d’extrême droite, a remporté l’élection avec 49,66 % des voix, contre 48,70 % pour Iván Cepeda, candidat de gauche.
Ce résultat, marqué par une différence de moins d’un point de pourcentage, reflète une société profondément divisée.
Les tensions politiques ont atteint un niveau tel que les Colombiens semblent prêts à justifier ou à tolérer la violence contre ceux qu’ils considèrent comme leurs adversaires.
Cette élection illustre une fracture sociale et politique qui s’est creusée au fil des années, avec des dirigeants accusés d’attiser les divisions pour mobiliser leur électorat.
Rôle des dirigeants
Selon l’auteur, deux anciens présidents colombiens, Álvaro Uribe (2002-2010) et Gustavo Petro (depuis 2022), ont contribué à accentuer les divisions au sein de la société colombienne.
Uribe, conservateur, et Petro, de gauche, ont tous deux été accusés de semer la méfiance et le mépris envers leurs opposants.
Leur stratégie repose sur la création d’un ennemi commun pour mobiliser leurs partisans, une méthode politique qui, selon l’auteur, a renforcé la polarisation.
Uribe et Petro représentent deux périodes clés de l’histoire récente de la Colombie, et leur héritage politique continue d’influencer les tensions actuelles, notamment lors de l’élection de 2026.
Fracture sociale profonde
L’auteur décrit une société colombienne où la méfiance et la violence sont de plus en plus normalisées, notamment dans le cadre du débat politique.
Les citoyens semblent prêts à calomnier ou à nuire à la réputation de leurs adversaires, simplement parce qu’ils appartiennent à un camp opposé.
Cette radicalisation des positions politiques est illustrée par l’exemple d’un jeune homme souhaitant se présenter aux élections locales à Bogota, qui a été découragé par des conseillers politiques en raison des tensions ambiantes.
La Colombie, déjà marquée par des décennies de conflits armés et de divisions, voit ainsi ses clivages s’aggraver, avec un risque accru de conflits civils.
Contexte politique récent
L’élection de 2026 s’inscrit dans un contexte politique colombien déjà très tendu.
Gustavo Petro, premier président de gauche de l’histoire récente du pays, est en fonction depuis 2022.
Son élection avait marqué un tournant, mais elle a aussi exacerbé les tensions avec les partisans des courants conservateurs ou d’extrême droite.
L’arrivée au pouvoir d’Abelardo de la Espriella, candidat d’extrême droite, pourrait aggraver ces divisions, surtout si sa présidence est perçue comme une menace par une partie importante de la population.
Cette alternance politique rapide et conflictuelle illustre la fragilité des institutions colombiennes face à la polarisation.
Conséquences sociales
Les divisions politiques en Colombie ne se limitent pas aux urnes : elles se traduisent par une radicalisation des discours et une méfiance généralisée.
L’auteur souligne que cette situation est le résultat d’une stratégie délibérée de la part des dirigeants, qui ont privilégié la division pour renforcer leur pouvoir.
Les citoyens, plutôt que de chercher des compromis, semblent de plus en plus enclins à justifier la violence contre leurs adversaires.
Cette dynamique met en péril la cohésion sociale et risque d’alimenter des conflits violents, alors que le pays tente de se reconstruire après des décennies de violence.
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