Des dizaines de milliers d’étrangers quittent l’Afrique du Sud dans un climat de peur
Chaque jour, des milliers d’étrangers se pressent à la frontière avec le Zimbabwe pour quitter l’Afrique du Sud alors qu’un mouvement appelle au départ des migrants illégaux depuis plusieurs semaines. Si le pays parle de 53 000 départs, cet exode forcé pourrait concerner bien plus de personnes, qui…
Résumé
Exode des migrants
Depuis fin mai 2026, l’Afrique du Sud connaît un mouvement massif de départs de migrants, principalement en provenance de pays voisins comme le Zimbabwe, le Malawi ou le Mozambique.
Plus de 78 000 Zimbabwéens auraient déjà regagné leur pays selon les autorités de Harare, tandis que le gouvernement sud-africain affirme avoir rapatrié ou expulsé plus de 53 000 personnes.
Ces chiffres pourraient être sous-estimés, car d’autres pays comme le Ghana ou le Nigeria signalent également des retours importants.
Le phénomène prend une ampleur exceptionnelle, avec des rassemblements de jusqu’à 10 000 Malawites à Durban, demandant un rapatriement immédiat.
Les départs sont organisés sous la pression de milices xénophobes et d’appels publics à l’expulsion des étrangers illégaux, c’est-à-dire des personnes sans papiers en règle pour résider en Afrique du Sud.
Mobilisation xénophobe
Le mouvement March and March est à l’origine des appels au départ des migrants, fixant une date limite au 30 juin 2026 pour leur expulsion.
Cette organisation, ainsi que d’autres groupes, a orchestré des marches et des actions violentes contre les étrangers, qu’ils soient en situation régulière ou non.
Les violences incluent du harcèlement, des pillages et des agressions, poussant de nombreux migrants à quitter le pays par peur pour leur sécurité.
Les autorités sud-africaines, bien que officiellement ciblant uniquement les illégaux, peinent à contrôler la situation.
Dans la province du Limpopo, des habitants ont même pris l’initiative de livrer des migrants aux forces de l’ordre, justifiant ces actes par la volonté d’assurer leur sécurité.
Rapatriements organisés
Pour faire face à l’afflux de migrants, les autorités sud-africaines ont mis en place des centres de rapatriement temporaires, comme celui de Beitbridge, principal poste-frontière avec le Zimbabwe.
Ce centre, construit en urgence, permet d’enregistrer les migrants, de vérifier leurs identités et de leur délivrer les documents nécessaires pour quitter le pays.
Les fonctionnaires traitent encore plus de 1 000 dossiers par jour, avec un pic de 1 675 personnes enregistrées en une seule journée.
Sept pays africains (Malawi, Zimbabwe, Mozambique, Nigeria, Ghana, Kenya et Ouganda) ont organisé des rapatriements volontaires, collaborant avec l’Afrique du Sud pour faciliter le retour de leurs ressortissants.
Conditions précaires
Malgré les efforts des autorités pour gérer le processus de manière digne, les conditions dans les centres de rapatriement restent très difficiles.
Les installations sanitaires sont insuffisantes, avec un manque criant de douches et de points d’eau potable.
Des organisations humanitaires comme Gift of the Givers interviennent pour fournir du savon, des lingettes et de l’eau potable, afin d’éviter la propagation de maladies.
À Durban et au Cap, des migrants campent en plein air après la fermeture de centres, sans accès à des abris décents.
Une Zimbabwéenne expulsée a témoigné avoir perdu ses affaires, ne conservant que les vêtements qu’elle portait, illustrant la précarité de la situation.
Chiffres clés par pays
Depuis le 14 juin 2026, les rapatriements vers les pays d’origine se répartissent comme suit : plus de 44 000 Malawites, plus de 4 600 Zimbabwéens, plus de 1 500 Mozambicains, environ 950 Ghanéens, 850 Nigérians et 400 Kényans.
Ces chiffres, agrégés par le Daily Maverick à partir des données du ministère de l’Intérieur sud-africain, montrent l’ampleur de l’exode.
Les autorités zimbabwéennes, par exemple, confirment le retour de 78 000 de leurs ressortissants depuis le 28 mai 2026.
Ces mouvements massifs reflètent la pression exercée sur les migrants, qu’ils soient en situation régulière ou non, et la difficulté des gouvernements à gérer cette crise humanitaire.
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