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Géopolitique

Trump annonce la reprise des négociations avec l’Iran

Courrier International · mis à jour il y a 1 h

Vingt-quatre heures après avoir suspendu “la plus grande attaque depuis la Seconde Guerre mondiale” contre l’Iran, Donald Trump a assuré dimanche que les négociations avec Téhéran reprendraient lundi après-midi. La presse internationale ne semble guère convaincue..

Trump suspend l'attaque

Donald Trump a annoncé dimanche 3 août 2026 avoir suspendu une attaque militaire prévue contre l’Iran, initialement prévue pour le 2 août 2026. Cette décision fait suite à une demande de ses alliés au Moyen-Orient, notamment l’Arabie saoudite. Selon ses déclarations à bord de l’avion présidentiel Air Force One, l’attaque aurait été « la plus grande depuis la Seconde Guerre mondiale ». Trump a précisé que si les négociations en cours n’aboutissaient pas rapidement, notamment sur la réouverture du détroit d’Ormuz, les frappes pourraient être lancées « à tout moment ». Il a souligné que l’Iran était conscient de l’ampleur de cette attaque, car « ils la voyaient prendre forme ». Cette suspension marque un revirement par rapport à une escalade militaire annoncée, mais reste conditionnée à des progrès diplomatiques.

Négociations relancées

Donald Trump a indiqué que de nouvelles discussions avec l’Iran débuteraient lundi 4 août 2026 en après-midi. Ces négociations visent à trouver un accord, notamment sur la réouverture du détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique pour le commerce mondial du pétrole. Cependant, aucun détail n’a été communiqué sur le lieu ou la forme de ces pourparlers. Téhéran n’a pas encore confirmé sa participation. Cette annonce s’inscrit dans un contexte de tensions récurrentes, où Trump a déjà promis des accords « imminents » par le passé, sans que ceux-ci ne se concrétisent durablement. Un protocole d’accord signé en juin 2026, censé mettre fin à la guerre et relancer les discussions sur le programme nucléaire iranien et le détroit d’Ormuz, n’a pour l’instant produit aucun résultat tangible.

Détroit d'Ormuz enjeu clé

Le détroit d’Ormuz est une voie maritime essentielle pour le transport du pétrole, reliant le golfe Persique au golfe d’Oman. Environ 20 % du pétrole mondial transite par cette route, ce qui en fait un point de tension géopolitique majeur. L’Iran a menacé à plusieurs reprises de fermer ce détroit, une action qui perturberait gravement l’économie mondiale. En juin 2026, Oman a proposé une route alternative pour les navires internationaux, contournant les eaux iraniennes, ce qui a provoqué la colère de Téhéran. Les négociations actuelles entre l’Iran et Oman, en « phase finale », visent à définir un mécanisme commun pour le passage des navires, mais les positions restent très éloignées. Les médias iraniens ont d’ailleurs indiqué que Téhéran n’avait pas modifié sa position sur le contrôle de cette voie maritime.

Scepticisme iranien

Le diplomate américain Alan Eyre, ancien membre de l’équipe de négociation pour l’accord sur le nucléaire iranien de 2015, estime que les seules discussions « importantes » actuellement sont celles entre Oman et l’Iran. Selon lui, ces deux pays « se comprennent » malgré leurs divergences, contrairement aux relations entre Téhéran et Washington. Eyre souligne que l’Iran considère désormais les négociations avec les États-Unis comme « inutiles », car il est impossible de « se fier à la parole américaine ». Il rappelle que Trump a menacé à plusieurs reprises d’attaquer l’Iran avant de reculer in extremis, ce qui affaiblit la crédibilité des engagements américains. Pour l’Iran, aucun changement n’a été observé dans la politique de Washington, rendant les pourparlers peu probables.

Ce que ça pourrait changer

Les relations entre les États-Unis et l’Iran sont marquées par des décennies de tensions, notamment depuis la révolution islamique de 1979. L’accord sur le nucléaire iranien de 2015, signé sous la présidence de Barack Obama, avait permis une détente temporaire, mais Donald Trump l’a dénoncé en 2018, relançant les sanctions économiques contre l’Iran. Depuis, les deux pays sont engagés dans une guerre par procuration au Moyen-Orient, avec des attaques contre des navires, des drones et des bases militaires. La situation s’est encore dégradée en 2026, avec des menaces d’attaques militaires directes. Les négociations actuelles s’inscrivent donc dans un contexte de méfiance profonde, où chaque partie cherche à préserver ses intérêts stratégiques sans céder sur ses positions.

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