Les feux de forêt menacent-ils les installations gazières ?
<div style="font-family: 'Arial', serif; color: #333; padding: 50px 0;"> <div style="max-width: 1200px; margin: 0 auto; padding: 20px; border-left: 3px solid #1A1A1A; border-radius: 20px; background-color: #f1f1f2;"> <h2>L'essentiel </h2> <ul> <li>Sous l'effet du changement climatique, de l'évolution de l'occupation des sols et des activités humaines, les incendies deviennent de plus en plus intenses et difficiles à maîtriser.</li> <li>Les incendies de végétation ne menacent pas seulement les forêts et les habitations. Ils peuvent mettre également en danger des infrastructures, comme les établissements Seveso ou les infrastructures gazières, qui peuvent comporter des risques supplémentaires.</li> <li>Pour mieux les protéger, le débroussaillage reste la première des solutions. Les chercheurs, pompiers et industriels explorent également d'autres stratégies pour les installations en surface, directement exposées aux flammes.</li> </ul> </div> <p></p></div><p></p> <p>Début juille
Résumé
Incendies plus intenses
Sous l’effet du changement climatique, de l’évolution des sols et des activités humaines, les incendies de végétation en France deviennent plus intenses et difficiles à contrôler.
Par exemple, en août 2025, l’incendie du massif des Corbières (Aude) a ravagé plus de 11 000 hectares, causant un décès, 25 blessés et la destruction de nombreuses habitations.
Cette tendance s’explique par la combinaison de plusieurs facteurs : des étés plus secs, une biomasse végétale accrue et l’urbanisation croissante en zones boisées.
Historiquement, la surface annuelle brûlée en France métropolitaine diminuait depuis 1973 grâce à des mesures de prévention renforcées, notamment en zone méditerranéenne.
Cependant, cette amélioration ne signifie pas une réduction du risque, car les conditions climatiques futures pourraient favoriser des incendies encore plus dévastateurs d’ici 2050.
Risques pour infrastructures
Les incendies ne menacent pas seulement les forêts et les habitations, mais aussi des infrastructures sensibles comme les établissements Seveso (sites industriels à haut risque) ou les installations gazières.
En France, bien qu’aucun dommage majeur n’ait encore été enregistré, les conséquences d’une perte d’intégrité pourraient être graves.
Par exemple, en 2025 à Saint-Martin-de-Crau (Bouches-du-Rhône), une rupture de canalisation souterraine de gaz naturel a provoqué une explosion générant une flamme de plus de 150 mètres de hauteur et des effets thermiques importants.
Le réseau gazier français, composé de plus de 36 000 km de canalisations souterraines et de milliers d’installations en surface, traverse de nombreuses zones boisées, ce qui le rend vulnérable aux incendies.
Protection des canalisations
Les canalisations de gaz enterrées sont naturellement bien protégées grâce au sol, qui agit comme un isolant thermique efficace.
Les principales inquiétudes concernent les équipements en surface, directement exposés aux flammes et au rayonnement thermique.
Pour évaluer ce risque, appelé NaTech (accident technologique déclenché par un aléa naturel), des simulations numériques et des campagnes expérimentales sont utilisées pour reproduire la propagation des flammes et les transferts de chaleur autour des installations.
Ces modèles permettent d’identifier les points critiques, comme les vannes ou les brides, susceptibles de fuir en cas de défaillance causée par un incendie.
Les bandes de servitude, maintenues sans végétation au-dessus des ouvrages, renforcent cette protection.
Vulnérabilités des équipements
Les équipements gaziers en surface sont sensibles à trois mécanismes de propagation des flammes : le contact direct, le rayonnement thermique et les brandons (débris enflammés transportés par le vent).
Les études post-incendie ont montré que des éléments comme les toitures, les ouvrants ou les éléments extérieurs (mobilier de jardin, terrasses en bois) peuvent favoriser la propagation des flammes.
La végétation ornementale, comme les arbres ou les haies, sert aussi de continuité horizontale pour la propagation des incendies.
Une classification des espèces végétales selon leur combustibilité permet de choisir des plantes moins inflammables à proximité des installations.
Par exemple, les parties fines des plantes (feuilles, petites tiges) brûlent plus facilement que les parties épaisses.
Débat sur l’écoulement du gaz
Lors d’un incendie, la circulation du gaz dans les canalisations peut influencer la sécurité des équipements.
Un gaz en circulation emporte une partie de la chaleur, limitant l’échauffement des parois.
À l’inverse, interrompre l’écoulement réduit les conséquences en cas de fuite mais prive la canalisation de ce refroidissement.
Ce débat, déjà soulevé lors des incendies de Gironde en 2022, oppose les pompiers et les industriels.
La réduction de la végétation autour des installations reste la première ligne de défense, mais il faut concilier sécurité et préservation des milieux naturels traversés par le réseau gazier.
Solutions préventives
Le débroussaillage est la solution la plus efficace pour protéger les installations gazières des incendies.
En France, les obligations légales de débroussaillement (OLD) imposent de limiter la quantité de combustible végétal autour des infrastructures à risque, comme les sites Seveso ou les installations gazières.
Ces obligations s’appliquent dans les zones les plus exposées au risque incendie.
Les chercheurs, pompiers et industriels explorent aussi d’autres stratégies, comme des simulations numériques pour évaluer l’exposition des équipements ou des panneaux radiants pour tester la résistance des canalisations.
Ces méthodes visent à adapter les infrastructures à un risque d’incendie appelé à croître dans les prochaines décennies.
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