Après deux mois d’absence du président Paul Biya, qui dirige le Cameroun ?
Voilà près de deux mois que Paul Biya, le président du Cameroun réélu en 2025, a quitté le pays, officiellement pour un voyage en Europe. Cet éloignement prolongé du chef d’État le plus âgé au monde soulève de nombreuses questions.
Résumé
Absence prolongée
Le président camerounais Paul Biya, âgé de 93 ans et réélu en 2025 lors d’un scrutin contesté, est absent du Cameroun depuis le 7 juin 2026.
Officiellement en voyage privé en Europe, il se trouve à Genève, en Suisse, depuis deux mois, ce qui constitue une première en 44 ans de présidence.
Son absence dépasse désormais les cinquante jours, un record pour un séjour privé.
Cette situation soulève des interrogations parmi la société civile et les partis d’opposition, certains se demandant même s’il est toujours en vie.
Le Cameroun, dirigé par le chef d’État le plus âgé du monde, est ainsi perçu comme un pays où les institutions fonctionnent de manière inhabituelle.
Pouvoir en apparence
Malgré son absence, la présidence camerounaise continue de publier des actes officiels signés par Paul Biya, comme des décrets présidentiels.
Par exemple, le 3 août 2026, une série de décrets a été publiée depuis Genève, notamment un remaniement de l’armée avec la nomination de responsables à des postes clés.
Ces actes officiels maintiennent l’illusion d’un pouvoir exercé directement par le président, mais ils soulèvent des questions sur leur authenticité et sur l’identité réelle des personnes qui prennent ces décisions en son nom.
Le symbole de ces décrets interroge, car ils donnent l’impression que le pays est dirigé normalement, alors que Paul Biya est physiquement absent.
Réactions et critiques
L’absence prolongée de Paul Biya a suscité des réactions dans la presse camerounaise et internationale.
Des médias comme Le Pays ou le Journal du Cameroun ironisent sur la situation, soulignant que le Cameroun est un pays où le président passe plus de temps à l’étranger qu’au palais présidentiel.
Cette critique met en lumière un paradoxe : un pays dirigé par un chef d’État dont la légitimité est de plus en plus contestée, notamment depuis sa réélection en 2025, jugée non transparente.
Les partis d’opposition et la société civile s’interrogent sur la capacité du système à fonctionner sans une présence physique du président, surtout dans un contexte où son âge et son état de santé sont souvent évoqués.
Contexte politique
Paul Biya dirige le Cameroun depuis 1982, ce qui en fait l’un des dirigeants les plus longtemps en poste au monde.
Son dernier mandat, obtenu en 2025, a été marqué par des contestations, avec des accusations de fraude électorale et de manipulation des résultats.
Dans ce contexte, son absence prolongée ajoute une couche d’incertitude politique.
Les décrets signés depuis Genève, comme le remaniement de l’armée, pourraient être interprétés comme des tentatives de renforcer le contrôle du régime ou de préparer une transition, même si rien n’est officiellement annoncé.
La situation actuelle illustre les défis d’un système politique où le pouvoir repose sur une seule personne, sans mécanisme clair de succession ou de partage des responsabilités.
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