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Géopolitique

Restauration : en Californie, berceau du “drive”

Courrier International · mis à jour il y a 8 h

Née en Californie, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la restauration rapide à emporter, au volant de sa voiture, est associée à la pollution ainsi qu’aux nuisances sonores et olfactives par ses détracteurs. À Culver City, située dans l’agglomération de Los Angeles, une interdiction permanente de ce système est à l’étude – une idée qui fait débat à l’échelle nationale..

Origine du drive

Le drive est une pratique de restauration rapide où les clients commandent et récupèrent leur repas sans quitter leur voiture. Ce concept est né en Californie, aux États-Unis, juste après la Seconde Guerre mondiale. Il est devenu emblématique de la culture américaine, notamment grâce à des chaînes de fast-food comme In-N-Out, qui a popularisé cette méthode. Cependant, cette pratique est aujourd’hui de plus en plus critiquée pour son impact environnemental et ses nuisances. En Californie, État fortement marqué par l’automobile, le drive est perçu comme un symbole du passé, incompatible avec les nouveaux objectifs de développement durable, tels que la réduction de la pollution et la promotion de quartiers piétons.

Culver City contre les drives

Culver City, une ville de 40 000 habitants située dans l’agglomération de Los Angeles, illustre cette opposition croissante au drive. En 2026, la municipalité envisage d’interdire définitivement ce système après avoir observé les nuisances qu’il engendre : pollution atmosphérique, embouteillages, odeurs de friture persistantes et risques pour la sécurité des conducteurs et des piétons, notamment des enfants. Cette décision fait suite à une polémique déclenchée par la volonté de la chaîne In-N-Out d’ouvrir un nouveau restaurant proposant ce service dans la ville. Le conseil municipal a finalement décidé d’imposer un moratoire sur les nouveaux drives, une mesure temporaire qui pourrait devenir permanente.

Arguments des opposants

Les détracteurs du drive avancent plusieurs arguments pour justifier leur opposition. Ils soulignent d’abord son impact environnemental, notamment les émissions de CO₂ liées à l’attente des clients dans leur véhicule. Ensuite, ils évoquent les nuisances sonores et olfactives, qui dégradent la qualité de vie des riverains. Enfin, ils pointent les dangers pour la sécurité, comme les risques d’accidents liés aux manœuvres des voitures ou à la traversée des piétons. Pour ces habitants, le drive est incompatible avec le nouveau « rêve californien », qui prône un air pur, des rues sûres et des quartiers accessibles à pied. Ces arguments ont convaincu les élus locaux de Culver City de prendre position contre cette pratique.

Débat national aux États-Unis

La résistance de Culver City contre les drives reflète une tendance plus large aux États-Unis, où plusieurs villes remettent en question ce modèle. Bien que le drive reste populaire dans de nombreux États, notamment pour sa commodité, il est de plus en plus perçu comme un vestige d’une époque révolue. Certains observateurs y voient une prise de conscience collective des enjeux environnementaux et urbains. Cependant, cette opposition divise : les défenseurs du drive mettent en avant sa praticité et son rôle dans l’économie locale, tandis que ses détracteurs insistent sur la nécessité de repenser les modes de consommation pour préserver l’environnement et la qualité de vie. Le débat est donc loin d’être tranché.

Ce que ça pourrait changer

La chaîne In-N-Out, emblématique du *drive* en Californie, incarne ce conflit. Fondée en 1948, elle est devenue un symbole de la culture californienne et de la restauration rapide à emporter. Son projet d’ouverture d’un nouveau restaurant avec *drive* à Culver City a cristallisé les tensions entre les partisans de la tradition et les défenseurs d’un urbanisme plus durable. Pour ses détracteurs, la présence d’In-N-Out dans la ville est incompatible avec les valeurs écologiques et sociales promues par les autorités locales. Cette affaire met en lumière les défis auxquels sont confrontées les villes américaines, tiraillées entre le maintien des habitudes de consommation et l’adaptation aux enjeux du XXIe siècle.

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