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Pour ses 20 ans, Fierté Montréal promet de retrouver ses « racines militantes »

ICI Radio-Canada· 1 août 2026
 Pour ses 20 ans, Fierté Montréal promet de retrouver ses « racines militantes »

Un an après la crise qui a secoué le festival, Fierté Montréal mise sur le dialogue et la réparation. Bilan.

Résumé

1

20 ans de Fierté Montréal

Fierté Montréal célèbre en 2026 sa 20e édition avec une volonté affichée de renouer avec ses origines militantes.

L’événement, qui se déroule jusqu’au 9 août, marque un tournant après une année 2025 marquée par des critiques et des tensions internes.

Higino Monteiro, directeur général par intérim, souligne que Fierté Montréal n’est pas seulement un festival commercial, mais s’inscrit dans une histoire de luttes et de revendications pour les droits des communautés LGBTQ+.

Pour cette édition, l’organisation a mis en place des mesures de réparation et de dialogue, notamment via des comités consultatifs composés d’organismes communautaires et de collectifs artistiques.

Le festival mise sur une programmation plus inclusive, avec 95 % d’artistes locaux et une représentation élargie des communautés marginalisées, comme les personnes racisées ou autochtones.

2

Nouveaux comités consultatifs

Pour garantir une programmation diversifiée et représentative, Fierté Montréal a créé deux comités consultatifs.

Le premier, composé de trois collectifs artistiques, a participé à la sélection des artistes, en veillant à inclure des talents locaux et des communautés sous-représentées.

Le second, formé de quatre organismes communautaires, a émis des recommandations sur l’organisation du défilé et la place des organismes participants.

Ces comités ont permis d’impliquer directement les acteurs de terrain dans les décisions.

Higino Monteiro souligne que cette approche a été perçue comme une avancée par les participants, qui ont apprécié de se sentir écoutés et intégrés aux processus décisionnels.

3

Programmation recentrée

Contrairement aux éditions précédentes, Fierté Montréal recentre cette année ses activités dans le Village, un quartier historique des luttes LGBTQ+ à Montréal.

Dix jours d’événements gratuits y seront proposés, avec une programmation axée sur la diversité et l’inclusion.

Pour la première fois, un appel à artistes a été lancé, recueillant 115 propositions.

L’objectif était de donner plus de visibilité aux talents locaux et aux communautés marginalisées.

Higino Monteiro admet que les biais de sélection existent et que cette démarche vise à les corriger.

Le défilé du 9 août, point culminant du festival, mettra en avant les organismes communautaires, placés en tête du cortège pour souligner leur rôle central dans le soutien aux communautés 2SLGBTQIA+.

4

Fierté Indomptable, alternative militante

En réaction aux critiques de 2025, un festival alternatif nommé Fierté Indomptable a été créé en 2025.

Il se définit comme anticorporatif et se finance via des collectes de fonds, sans partenariats avec des entreprises.

Pour sa deuxième édition en 2026, il propose une programmation de 127 événements, incluant des activités sportives, des soirées dansantes et des performances artistiques.

Lawrence Fafard, bénévole organisateur, explique que l’objectif est de donner aux communautés la possibilité de concevoir des événements par et pour elles-mêmes, tout en restant ouvertes aux alliés.

Le défilé de Fierté Indomptable, qui avait réuni environ 5 000 participants en 2025 contre 12 000 pour Fierté Montréal, sera de retour cette année.

5

Débats sur la commercialisation

Fierté Indomptable critique vivement la commercialisation de Fierté Montréal, notamment ses partenariats avec des entreprises comme la Banque TD, accusée de pinkwashing (utilisation de symboles LGBTQ+ pour masquer des pratiques discriminatoires).

Fierté Montréal répond que ses partenaires doivent démontrer des engagements concrets envers les communautés 2SLGBTQIA+, mais sans préciser de critères publics.

Kamâmik Poudmaker, artiste bispirituel autochtone et bénévole pour Fierté Indomptable, questionne la composition des comités consultatifs de Fierté Montréal, craignant qu’ils ne reflètent pas suffisamment la diversité des communautés.

Fierté Montréal assure que ces comités sont diversifiés, mais refuse de rendre publiques leurs identités pour respecter leur volonté.

6

Cohabitation entre les deux festivals

Fierté Montréal et Fierté Indomptable ont eu des échanges réguliers depuis mars 2026, partageant des informations et des ressources pour éviter les chevauchements logistiques.

Higino Monteiro se dit favorable à une cohabitation entre les deux événements, estimant qu’il n’y a jamais assez d’espaces pour les communautés LGBTQ+.

Cependant, Fierté Indomptable considère que ces discussions ont constitué un travail non rémunéré.

Fierté Montréal précise qu’il ne s’agissait ni d’un mandat d’éducation ni d’une prestation de services, mais d’échanges informels.

Malgré leurs désaccords, les deux organisations reconnaissent l’importance de proposer des visions différentes pour répondre aux besoins variés des communautés.

7

Bilan et perspectives

Fierté Montréal reconnaît que les mesures de réparation mises en place en 2026 restent imparfaites, mais assure vouloir poursuivre le dialogue avec les comités consultatifs.

Des rencontres sont prévues à l’automne pour évaluer les retombées du festival et ajuster les actions futures.

Higino Monteiro insiste sur l’importance de continuer à offrir des espaces variés aux communautés, tout en reconnaissant les limites des solutions actuelles.

Le mot celleux, utilisé dans l’article pour désigner de manière inclusive les personnes LGBTQ+, illustre l’adoption de l’écriture inclusive dans certains milieux militants, bien qu’il ne soit pas standard en français.

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