L’Aipac, le grand lobby pro-israélien aux États-Unis
De plus en plus de candidats démocrates mettent en avant lors des primaires les liens de leurs adversaires avec l’Aipac, parfois avec succès. L’organisation, longtemps objet d’un large consensus, paye l’image ternie d’Israël et son soutien intransigeant au pays de Benyamin Nétanyahou..
L’American Israel Public Affairs Committee (Aipac) est une organisation américaine influente qui défend les intérêts d’Israël auprès des décideurs politiques aux États-Unis. Historiquement, son soutien était considéré comme un atout majeur pour les candidats aux élections, car il pouvait leur apporter des financements et une visibilité politique. Cependant, depuis 2026, son image s’est dégradée, notamment en raison de son soutien inconditionnel au gouvernement israélien dirigé par Benyamin Nétanyahou. Ce changement d’image s’inscrit dans un contexte où la politique israélienne, notamment dans le conflit israélo-palestinien, est de plus en plus contestée, y compris parmi les électeurs démocrates américains.
L’Aipac, autrefois perçu comme un tigre de papier par le média The Nation, voit son influence diminuer rapidement. Selon le Financial Times, son soutien peut désormais nuire aux candidats qui en bénéficient, au point de devenir un baiser de la mort électoral. En 2026, lors des primaires démocrates pour les élections de mi-mandat aux États-Unis, plusieurs candidats ont utilisé l’Aipac comme argument contre leurs adversaires. Par exemple, dans le Michigan, le progressiste Abdul El-Sayed a accusé sa rivale Haley Stevens de dépendre financièrement de l’Aipac. Une stratégie similaire a permis à Brad Landler, un autre progressiste, de remporter une primaire à New York en mettant en avant le soutien de l’Aipac à son adversaire, Dan Goldman.
Les primaires démocrates de 2026 aux États-Unis, qui se déroulent en août, sont marquées par une montée en puissance des candidats progressistes. Ces derniers utilisent l’Aipac comme un repoussoir pour mobiliser leur électorat. Le 4 août 2026, une primaire particulièrement suivie a lieu dans le Michigan, où Abdul El-Sayed et Haley Stevens s’affrontent pour un siège au Sénat. El-Sayed, candidat progressiste, accuse Stevens de recevoir des fonds de l’Aipac, une critique qui semble porter ses fruits auprès des électeurs. Cette tactique illustre un clivage croissant au sein du Parti démocrate, où les progressistes remettent en cause les alliances traditionnelles, y compris avec des groupes de pression comme l’Aipac.
Les élections de mi-mandat de 2026 aux États-Unis, prévues en novembre, sont un enjeu majeur pour le Parti démocrate. Ces élections permettent de renouveler une partie du Congrès et sont souvent perçues comme un baromètre de la popularité du président en place. Dans ce contexte, les candidats démocrates doivent naviguer entre les attentes de leur base progressiste et les alliances traditionnelles avec des groupes comme l’Aipac. La stratégie de certains candidats, consistant à critiquer l’Aipac, reflète une volonté de se distancier des positions pro-israéliennes les plus controversées, tout en répondant aux préoccupations d’une partie de l’électorat démocrate, notamment sur la question palestinienne.
Les médias américains ont largement commenté le déclin de l’influence de l’Aipac. *The Nation* a publié un article en 2026 intitulé *« L’Aipac est-elle fichue ? »*, soulignant que l’organisation perd progressivement son aura auprès des électeurs. Le *Financial Times* a également analysé cette tendance, notant que le soutien de l’Aipac peut désormais être perçu comme un handicap électoral. Ces analyses montrent que l’image de l’Aipac est de plus en plus associée à une politique israélienne controversée, notamment en raison de son soutien intransigeant au gouvernement de Benyamin Nétanyahou, ce qui alimente un rejet croissant parmi une partie de l’opinion publique américaine.

