Canada’s safety net is collapsing
Working Canadians squeezed by high rents, unstable employment, and inadequate public supports are increasingly turning to food banks. The growing crisis is fuelling calls for permanent EI reform The post Canada’s safety net is collapsing appeared first on Ricochet.
Résumé
Crise de l'insécurité alimentaire
Au Canada, la crise de l'insécurité alimentaire ne provient pas d'un manque de nourriture, mais d'un problème de revenus insuffisants.
Le filet social conçu pour protéger les citoyens n'a pas évolué face aux réalités actuelles comme le travail précaire, les salaires stagnants, le logement inabordable et la hausse du coût de la vie.
En 2026, Food Banks Canada, qui soutient un réseau de 5 500 banques alimentaires et organisations communautaires, alerte sur l'urgence de réformer le programme d'assurance-emploi (AE) pour mieux refléter le marché du travail moderne.
Ce dernier est marqué par des emplois à temps partiel, temporaires, saisonniers, des emplois dans l'économie des petits boulots (gig economy) ou encore des salaires bas, souvent peu protégés par les dispositifs sociaux existants.
Précarité des travailleurs
La précarité du marché du travail touche désormais aussi les personnes ayant un emploi.
Les travailleurs cumulent souvent plusieurs emplois pour joindre les deux bouts, mais les salaires n'ont pas suivi l'inflation.
Par exemple, une personne peut cumuler deux emplois à temps partiel totalisant au moins 35 heures par semaine, et compléter avec des livraisons pour une plateforme comme Uber le week-end.
Pourtant, la perte d'un seul de ces revenus suffit à les plonger dans la difficulté, les obligeant à recourir aux banques alimentaires.
En Ontario, le taux de chômage reste élevé, et les inscriptions aux prestations d'emploi sous le filet social affaibli augmentent.
Les travailleurs précaires, souvent des femmes, des immigrants, des personnes racisées, autochtones ou en situation de handicap, sont particulièrement vulnérables car ils peinent à atteindre le seuil d'heures assurables requis pour bénéficier de l'AE.
Dépenses contraintes et arbitrages
Les dépenses fixes comme le loyer, les factures d'électricité ou les transports représentent des charges incontournables pour les ménages.
Face à la hausse des coûts du logement et de l'alimentation, les ménages sont contraints de réduire leur budget alimentaire, qui devient la variable d'ajustement.
Par exemple, une personne peut être propriétaire de sa maison ou posséder une voiture, mais si ses revenus ne couvrent plus ses dépenses, elle doit se tourner vers une banque alimentaire.
Les visites aux banques alimentaires ont augmenté en fréquence, passant d'une solution temporaire à une aide régulière.
En 2026, les banques alimentaires accueillent désormais des travailleurs, des familles et des propriétaires, reflétant l'ampleur de la crise.
Ces structures ne sont pas conçues pour remplacer un revenu décent ou un logement abordable, mais servent de filet de sécurité de dernier recours.
Faiblesses du système d'AE
Le système d'assurance-emploi (AE) canadien, créé en 1940, n'a pas suivi les transformations du marché du travail.
En 1995, sous le gouvernement de Mike Harris, des coupes budgétaires ont réduit les prestations et durci les conditions d'accès.
Aujourd'hui, seulement 38 % des travailleurs sans emploi y ont droit, contre environ 80 % dans les années 1980.
Les travailleurs précaires, comme ceux en emploi temporaire ou saisonnier, peinent à atteindre le seuil de 420 heures assurables pour y accéder.
Les prestations actuelles, fixées à 55 % du salaire moyen avec un plancher de 450 $ par semaine, sont jugées insuffisantes face à l'inflation.
Les réformes proposées incluent une augmentation du plancher à 600 $ et un taux de remplacement à 70 % pour les bas revenus.
Propositions de réforme
Plusieurs acteurs, dont Food Banks Canada, le Congrès du travail du Canada (CTC) et le Centre d'action pour la sécurité du revenu (ISAC), demandent des réformes structurelles de l'AE.
Food Banks Canada propose notamment d'abaisser le seuil d'éligibilité à 420 heures, d'instaurer un plancher de 450 $ par semaine et de créer des voies d'accès spécifiques pour les travailleurs à temps partiel, indépendants, saisonniers ou des plateformes.
Le CTC, plus radical, suggère d'éliminer la période d'attente d'une semaine, de supprimer le plafond de 50 semaines pour les prestations combinées, et d'augmenter la durée des prestations régulières à 65 semaines.
Le gouvernement fédéral a mené des consultations en 2021-2022, mais aucune réforme majeure n'a encore été mise en œuvre, malgré des propositions claires et répétées.
Rôle et limites des banques alimentaires
Les banques alimentaires, comme Feed the Need à Durham, jouent un rôle crucial mais limité dans la lutte contre l'insécurité alimentaire.
Elles interviennent lorsque le filet social échoue, mais ne peuvent résoudre les causes profondes du problème.
Leur utilisation croissante reflète l'effondrement des protections sociales.
Par exemple, une personne travaillant deux emplois à temps partiel et un emploi dans l'économie des petits boulots peut perdre un revenu et se retrouver en difficulté financière.
Les banques alimentaires ne sont pas une solution à long terme, mais un palliatif temporaire.
Leur financement repose souvent sur la philanthropie, ce qui limite leur capacité à répondre à l'ampleur de la crise.
Concentration des marchés et inflation
La hausse des prix dans le secteur alimentaire est aussi liée à la concentration des marchés.
Par exemple, les grandes surfaces dominent le secteur de la distribution, limitant la concurrence et faisant monter les prix.
Des barrières comme les restrictions foncières empêchent l'émergence de nouveaux acteurs.
Cette concentration réduit le pouvoir d'achat des ménages, surtout pour les produits de première nécessité.
Les revenus stagnants, la baisse de la syndicalisation et la réduction des logements sociaux aggravent la situation.
Les solutions proposées par les experts dépassent le cadre de l'AE : elles incluent une régulation des marchés, une augmentation des salaires et un investissement accru dans le logement social.
Réponses gouvernementales
Le gouvernement fédéral affirme travailler à renforcer le filet social et moderniser l'AE.
Il met en avant des mesures comme l'extension des prestations de maladie, un nouveau congé partagé pour les parents adoptifs et des soutiens temporaires pour les travailleurs saisonniers dans 13 régions jusqu'en octobre 2026.
Cependant, ces mesures sont jugées insuffisantes par les associations.
Par exemple, les tarifs douaniers temporaires liés à l'AE expirent à l'automne 2026, et les mesures comme la suppression de la période d'attente d'une semaine ou la suspension de certaines déductions liées aux indemnités de licenciement ne sont que temporaires.
Les acteurs sociaux demandent des réformes structurelles, pas des ajustements ponctuels.
Commentaires (0)
Connecte-toi pour commenter
Se connecterAucun commentaire pour le moment.
Découvre plus de contenu sur Napseflow


