Un scientifique qui découvre une nouvelle espèce ne peut pas lui donner son propre nom et voici pourquoi
Peu de gestes scientifiques paraissent aussi libres que nommer une nouvelle espèce, et pourtant les contraintes s'accumulent. Certaines fautes passent mal auprès de la communauté. Un spécialiste des dinosaures détaille ce que le métier tolère ou pas.
Résumé
Règle des noms d'espèces
Lorsqu’un scientifique découvre une nouvelle espèce, il ne peut pas lui attribuer son propre nom.
Cette règle est imposée par le Code international de nomenclature zoologique (CINZ), un ensemble de règles qui régit la façon dont les espèces animales sont nommées et classées.
Le CINZ a été créé pour éviter les conflits d’intérêts et garantir une nomenclature scientifique objective.
Par exemple, un chercheur ne peut pas nommer une nouvelle espèce Dupontia en son honneur, même si c’est lui qui l’a identifiée.
Cette pratique permet de préserver l’intégrité de la science et d’éviter que des découvertes ne soient influencées par des motivations personnelles.
Noms dédiés à des tiers
Le CINZ autorise en revanche à nommer une espèce en l’honneur d’une autre personne, qu’il s’agisse d’un collègue, d’un mentor ou même d’une personnalité publique.
Dans ce cas, le nom de l’espèce doit inclure le nom de famille ou un surnom de la personne honorée, suivi d’un suffixe scientifique.
Par exemple, une espèce pourrait s’appeler Dupontius beaumonti, où Dupontius rend hommage à une personne nommée Dupont, et beaumonti est un suffixe latinisé.
Cette pratique est courante dans le milieu scientifique et permet de reconnaître des contributions importantes sans enfreindre les règles de neutralité.
Origine de cette règle
L’interdiction de nommer une espèce d’après soi-même remonte au XIXe siècle, lorsque la nomenclature scientifique a commencé à se structurer.
Avant cette époque, certains naturalistes nommaient des espèces d’après leur propre nom, ce qui pouvait créer des conflits ou des biais dans la classification.
Le CINZ a été officiellement adopté en 1905 et a depuis évolué pour s’adapter aux besoins de la communauté scientifique.
Aujourd’hui, cette règle est largement respectée et appliquée dans le monde entier, assurant une cohérence dans la dénomination des espèces.
Exceptions et débats
Bien que la règle soit généralement appliquée, il existe des exceptions.
Par exemple, certains scientifiques ont réussi à contourner cette règle en utilisant des noms indirects ou des jeux de mots, mais ces cas restent rares et souvent critiqués.
De plus, certains chercheurs estiment que cette règle pourrait être assouplie pour permettre une plus grande flexibilité, notamment dans les cas où une espèce est découverte en collaboration avec des équipes internationales.
Cependant, le CINZ reste strict sur ce point pour éviter toute subjectivité dans la nomenclature scientifique.
Impact sur la science
Cette règle a un impact significatif sur la façon dont les découvertes scientifiques sont perçues et reconnues.
En empêchant les scientifiques de nommer une espèce d’après eux-mêmes, elle favorise une approche plus collaborative et objective de la recherche.
Cela permet également d’éviter les conflits d’intérêts ou les biais personnels qui pourraient influencer la classification des espèces.
Enfin, cette règle contribue à maintenir la crédibilité de la science en garantissant que les noms des espèces reflètent uniquement des critères scientifiques et non des motivations individuelles.
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