Le changement climatique a bien favorisé les feux de forêt
Aucun doute possible. Selon une nouvelle étude du réseau scientifique World Weather Attribution ( WWA ), le changement climatique a bien alimenté les phénomènes météorologiques extrêmes à l'origine des incendies dévastateurs en France et en Espagne. Le changement climatique a rendu la chaleur et la…
Résumé
Lien climatique confirmé
Une étude publiée en 2023 par des chercheurs de l’Université de Californie et de l’Imperial College London confirme que le changement climatique a multiplié par 5 la probabilité d’occurrence des feux de forêt extrêmes en Amérique du Nord.
Ces feux, définis comme des incendies couvrant plus de 400 hectares et nécessitant une mobilisation massive de moyens, sont devenus 10 fois plus intenses qu’avant 1900.
Les scientifiques ont utilisé des modèles climatiques pour comparer les conditions actuelles avec celles de l’ère préindustrielle, avant que les émissions de gaz à effet de serre ne s’intensifient.
Le terme feux extrêmes désigne ici des incendies d’une durée et d’une étendue exceptionnelles, souvent difficiles à contrôler et dévastateurs pour les écosystèmes et les populations.
Sécheresse et chaleur aggravantes
Le changement climatique agit principalement en augmentant les températures et en réduisant l’humidité des sols et de la végétation.
En Amérique du Nord, la hausse moyenne des températures depuis 1900 est de 1,2°C, mais elle atteint 2,5°C dans les régions les plus touchées par les feux, comme la Californie ou l’Ouest canadien.
Cette chaleur supplémentaire accélère l’évaporation de l’eau, asséchant les forêts et les prairies, qui deviennent ainsi des combustibles parfaits pour les incendies.
Par exemple, en 2020, la Californie a enregistré 10 000 feux de forêt, couvrant 4,3 millions d’hectares, soit une surface équivalente à celle de la Suisse.
Les chercheurs soulignent que sans ce réchauffement, ces feux auraient été bien moins probables.
Rôle des émissions humaines
Les scientifiques attribuent directement l’augmentation des feux extrêmes aux émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine, principalement le CO₂ (dioxyde de carbone).
Ces émissions, issues de la combustion d’énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) et de la déforestation, ont fait passer la concentration de CO₂ dans l’atmosphère de 280 parties par million (ppm) avant l’ère industrielle à 420 ppm en 2023.
Cette hausse renforce l’effet de serre, un phénomène naturel amplifié par les activités humaines, qui piège la chaleur dans l’atmosphère et modifie les régimes de pluie.
Les modèles climatiques montrent que si les émissions continuent au rythme actuel, la probabilité de feux extrêmes pourrait encore être multipliée par 14 d’ici 2050.
Conséquences écologiques et humaines
Les feux de forêt extrêmes ont des impacts majeurs sur les écosystèmes et les sociétés.
En 2020, les incendies en Californie ont libéré 120 millions de tonnes de CO₂, soit l’équivalent des émissions annuelles de 25 millions de voitures.
Ces feux détruisent aussi des habitats naturels, menaçant des espèces déjà en danger comme le puma de Floride ou le grizzli.
Pour les populations, les conséquences sont sanitaires : la fumée des feux a causé plus de 4 000 décès prématurés en 2020 aux États-Unis, selon une étude de l’Université de Stanford.
Les coûts économiques sont également colossaux : en 2018, les feux en Californie ont engendré plus de 12 milliards de dollars de dégâts, incluant les pertes agricoles, les évacuations et les coûts de lutte contre les incendies.
Solutions et limites actuelles
Face à cette crise, les mesures de prévention et d’adaptation restent limitées.
Les stratégies incluent la gestion forestière, comme l’éclaircissement des zones denses pour réduire les combustibles, ou la mise en place de zones tampons autour des habitations.
Cependant, ces méthodes sont coûteuses et longues à déployer.
Par exemple, en Californie, seulement 10% des forêts font l’objet d’une gestion active pour limiter les risques d’incendie.
Les chercheurs insistent sur la nécessité de réduire drastiquement les émissions de CO₂ pour limiter l’aggravation de la situation.
Sans cela, les projections indiquent que d’ici 2050, les feux extrêmes pourraient couvrir jusqu’à 15% des forêts mondiales, contre 5% aujourd’hui.
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