Le plan de l’Europe pour réduire sa dépendance numérique, face aux Etats-Unis et à la Chine
La Commission européenne souhaite donner à l’Union les moyens de sa souveraineté technologique, dans les domaines des puces, du cloud ou de l’IA. Elle prend le risque d’irriter Pékin et Washington, toujours prompts à dégainer des mesures de rétorsion.
Résumé
Nouveau paquet législatif
La Commission européenne a présenté le 3 juin 2026 un ensemble de propositions législatives appelé paquet « Souveraineté technologique ».
Ce paquet vise à renforcer l’autonomie de l’Union européenne (UE) dans le domaine numérique.
Il s’ajoute à un autre projet de loi, présenté le 4 mars 2026, qui proposait d’accélérer l’industrie européenne en favorisant le « made in Europe ».
L’objectif est de réduire la dépendance de l’UE envers des pays tiers pour ses infrastructures, ses données et ses technologies critiques.
Ce paquet sera examiné par les États membres de l’UE et le Parlement européen avant d’être éventuellement adopté.
La vice-présidente exécutive de la Commission, Henna Virkkunen, une Finlandaise, a souligné lors d’une conférence de presse à Bruxelles que l’Europe ne devrait pas dépendre de fournisseurs extérieurs, notamment pour ses infrastructures essentielles ou ses données sensibles.
Dépendance numérique actuelle
Aujourd’hui, l’Europe dépend à plus de 80 % de pays tiers pour ses produits, services, infrastructures et propriétés intellectuelles numériques.
Les principaux fournisseurs extérieurs sont les États-Unis et la Chine.
Cette dépendance signifie que l’UE régule ces domaines, mais ne produit presque plus rien elle-même.
Henna Virkkunen résume cette situation en déclarant que l’Europe a privilégié la consommation plutôt que la création sur plusieurs décennies.
Cette dépendance est devenue un enjeu majeur avec l’émergence de l’intelligence artificielle (IA), une technologie clé pour l’avenir.
La Chine et les États-Unis n’hésitent pas à utiliser cette dépendance comme un levier politique ou économique contre l’Europe, ce qui rend la situation encore plus urgente à résoudre.
Objectifs de souveraineté
Le paquet « Souveraineté technologique » a pour but de permettre à l’UE de reprendre le contrôle sur ses infrastructures critiques, ses données sensibles et sa capacité industrielle.
L’Europe souhaite éviter de dépendre de fournisseurs uniques et dominants situés hors de ses frontières, surtout s’ils ne partagent pas ses valeurs démocratiques.
Henna Virkkunen a insisté sur l’importance de ne pas accepter un avenir où l’UE serait vulnérable aux décisions ou aux pressions de pays tiers.
La montée en puissance de l’intelligence artificielle (IA) rend cette révolution technologique encore plus cruciale, car elle touche à des secteurs stratégiques comme la santé, la défense ou l’économie.
L’objectif est donc de produire davantage en Europe et de réduire les risques liés à une dépendance excessive.
Acteurs et contexte
Les principaux acteurs de cette initiative sont la Commission européenne, dirigée par des figures comme Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive chargée de la souveraineté technologique, et Dan Jorgensen, commissaire européen à l’énergie.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte où l’UE cherche à protéger son industrie et à renforcer sa position face aux États-Unis et à la Chine, deux grandes puissances technologiques.
La conférence de presse du 3 juin 2026 à Bruxelles a marqué le lancement officiel de ce paquet législatif.
L’UE souhaite ainsi éviter que ses infrastructures critiques, comme les réseaux électriques ou les systèmes de santé, ne deviennent des otages de décisions prises à l’étranger.
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