Réfugiés : 75 ans après, la promesse vacille
Soixante-quinze ans après l'adoption de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a exhorté les États à renouveler leur engagement en faveur du droit d'asile, estimant que cette promesse historique est aujourd'hui « mise à rude épreuve » par la multiplication des conflits et le durcissement des politiques migratoires.
Résumé
Convention de 1951
La Convention de 1951 relative au statut des réfugiés est un traité international adopté en juillet 1951, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, par douze nations réunies à Genève.
Son objectif principal est de protéger les personnes contraintes de fuir leur pays en raison de persécutions liées à leur race, religion, nationalité, opinion politique ou appartenance à un groupe social.
Elle repose sur un principe fondamental appelé non-refoulement, qui interdit à tout État de renvoyer une personne vers un pays où sa vie ou sa liberté serait menacée.
Ce principe est considéré comme la pierre angulaire de la protection internationale des réfugiés.
La Convention a permis de sauver des millions de vies depuis son adoption et reste, selon le Secrétaire général de l'ONU António Guterres, « l'une des expressions les plus fortes de notre humanité commune ».
Elle n'est pas une simple relique du passé, mais un outil toujours indispensable pour garantir un accès équitable à l'asile et protéger les droits des réfugiés.
Menaces sur la promesse
Soixante-quinze ans après son adoption, la promesse de la Convention de 1951 est aujourd’hui mise à rude épreuve.
Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, souligne que les conflits se multiplient et que les persécutions persistent, poussant un nombre croissant de personnes à fuir leur foyer.
Pourtant, le droit de demander l’asile est de plus en plus remis en question, restreint ou refusé dans de nombreux pays.
Guterres met en garde contre des politiques migratoires qui transfèrent les responsabilités de protection vers d’autres États, sanctionnent les personnes cherchant refuge ou conditionnent cette protection à des critères discriminatoires comme la nationalité, la religion ou l’origine ethnique.
Il rappelle que la Convention n’est pas un texte obsolète, mais un instrument essentiel pour assurer des procédures d’asile justes et respecter le principe de non-refoulement, sans distinction.
Responsabilité collective
António Guterres insiste sur le fait que la protection des réfugiés repose sur une responsabilité collective.
Il appelle les États à partager équitablement les charges liées à l’accueil des réfugiés, car la majorité d’entre eux sont accueillis par des pays disposant de ressources limitées.
Selon lui, la Convention de 1951 est née d’un échec historique de l’humanité à protéger les personnes en danger, et son 75e anniversaire ne doit pas devenir le symbole d’un nouvel échec.
Il rappelle que cette promesse de protection est un engagement moral et juridique pour toute la communauté internationale.
Le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Barham Salih, renchérit en affirmant que la Convention « a sauvé des millions de vies » et doit continuer à guider les actions des États pour les générations futures.
Campagne 'La Promesse'
À l’occasion du 75e anniversaire de la Convention de 1951, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a lancé une campagne mondiale intitulée « La Promesse » (The Promise).
Cette initiative vise à mobiliser un large soutien en faveur de la protection des réfugiés jusqu’au Forum mondial sur les réfugiés prévu en 2027.
La campagne rassemble 75 personnalités de divers horizons, comme les actrices Cate Blanchett et Angelina Jolie, l’acteur Ben Stiller, la militante Malala Yousafzai, les prix Nobel Nadia Murad et Denis Mukwege, ou encore la présidente du Comité international olympique Kirsty Coventry.
Ces figures s’engagent à promouvoir l’action, la compassion et la solidarité envers les réfugiés, affirmant que toute personne fuyant la guerre ou les persécutions doit pouvoir trouver un lieu sûr et reconstruire sa vie.
Crise des déplacements forcés
La mobilisation autour de la Convention de 1951 intervient alors que les déplacements forcés atteignent des niveaux records.
Plus de 41 millions de réfugiés vivent aujourd’hui loin de leur foyer, un chiffre qui illustre l’ampleur de la crise humanitaire actuelle.
Les pays d’accueil et les systèmes d’asile sont soumis à une pression croissante, souvent dans des États aux ressources limitées.
La campagne « La Promesse » souligne que toute personne fuyant la violence ou les persécutions doit pouvoir bénéficier de solutions durables, comme l’accès à un lieu sûr, à la protection juridique et à la possibilité de reconstruire sa vie.
Les signataires de la campagne s’engagent à défendre ces principes jusqu’à ce que chaque personne en besoin soit en sécurité.
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