“Il me reste quoi, l’armée ?” : en Russie, entrer au lycée relève du parcours du combattant
De plus en plus d’adolescents russes sont poussés vers les filières professionnelles techniques dès 15 ou 16 ans, après l’équivalent de la troisième. Une politique qui répond au manque de main-d’œuvre et qui, pour les garçons, raccourcit le chemin vers l’armée.
Résumé
Orientation scolaire en Russie
En Russie, après la neuvième classe, équivalente à la seconde en France, les élèves doivent choisir entre deux voies principales.
Environ 42,5 % des élèves en 2024 ont intégré un lycée général, tandis que 51,3 % ont opté pour un tekhnikum, un établissement d’enseignement professionnel.
Huit ans plus tôt, en 2016, plus de 50 % des élèves poursuivaient en lycée.
Le lycée prépare à l’entrée à l’université, tandis que le tekhnikum forme en deux ou trois ans à un métier spécifique, souvent dans des domaines techniques ou industriels.
Cette orientation n’est plus automatique et dépend désormais de critères de sélection stricts, notamment les résultats scolaires.
Sélectivité accrue
Le passage en dixième classe, équivalent de la seconde, est devenu un parcours du combattant pour de nombreux élèves russes.
Les établissements imposent des critères de sélection souvent flous, comme des moyennes minimales non communiquées.
Par exemple, Kristina, une mère moscovite, raconte que son fils, issu d’une famille de diplômés, a été recalé d’un lycée malgré une moyenne de 3,75 sur 5, sans explication claire sur les attentes.
Cette sélectivité accrue contraste avec la période précédente, où l’orientation vers le lycée était plus accessible.
Les familles doivent désormais investir dans des cours de soutien et des révisions intensives pour espérer intégrer un lycée général.
Conséquences sociales
Cette nouvelle réalité bouleverse les attentes des familles russes, habituées à un système où l’accès au lycée était quasi automatique.
Kristina qualifie de « impensable » le fait que son fils, issu d’un milieu favorisé, doive envisager un tekhnikum plutôt qu’un lycée.
Le tekhnikum, bien que valorisé pour son aspect professionnel, est souvent perçu comme une voie de second choix par rapport au lycée, qui ouvre la porte aux études supérieures.
Cette situation crée une pression accrue sur les élèves et leurs familles, qui doivent désormais naviguer dans un système scolaire de plus en plus compétitif et opaque.
Contexte et acteurs
L’article cite plusieurs médias russes, comme The Insider et la BBC Russie, qui analysent cette évolution du système éducatif.
Les données proviennent d’enquêtes réalisées en 2024, montrant une baisse significative des inscriptions en lycée par rapport à 2016.
Les établissements scolaires, bien que responsables de l’orientation, ne communiquent pas toujours clairement leurs critères de sélection.
Les familles, comme celle de Kristina, se retrouvent ainsi dans une situation d’incertitude, où les résultats scolaires ne garantissent plus un accès automatique au lycée.
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