À quand l’équité salariale dans le sport professionnel?

L’Omnium Banque Nationale, débutant le 1er août à Toronto et Montréal, offre des prix inférieurs aux femmes.
Résumé
Écarts salariaux persistants
Dans le sport professionnel, les athlètes féminines gagnent significativement moins que leurs homologues masculins.
Par exemple, au tennis, les bourses de l'Omnium Banque Nationale (OBN) à Toronto sont inférieures de plus de 20 % à celles du volet masculin à Montréal.
En hockey, Marie-Philip Poulin, star de la Ligue professionnelle féminine (LPHF), touche environ 110 200 $US par an, tandis qu'Auston Matthews, joueur vedette de la LNH, gagne 13,5 millions $US.
Au basketball, Caitlin Clark (WNBA) perçoit 528 000 $US contre 52,6 millions $US pour LeBron James (NBA).
Ces écarts reflètent des différences structurelles dans les revenus générés par les sports masculins et féminins, notamment en droits de diffusion et en commandites.
Parité progressive envisagée
L'Omnium Banque Nationale (OBN) prévoit atteindre la parité des bourses en 2027, contre un écart de plus de 66 % en 2023.
Cette transition progressive est justifiée par Lucie Blanchet, conseillère stratégique à la Banque Nationale, qui souligne que des changements trop rapides pourraient menacer le développement du tennis.
Elle précise que le modèle financier d'un tournoi comme l'OBN, classé Masters 1000, diffère de celui des tournois du grand chelem, où la parité est déjà en place depuis des décennies.
Par exemple, l'US Open offre des prix égaux depuis 1973, tandis que Roland-Garros et Wimbledon ont adopté cette politique en 2007.
Défis financiers majeurs
Les revenus des ligues féminines restent bien inférieurs à ceux des ligues masculines, ce qui limite les possibilités d'augmenter les salaires.
Par exemple, Rogers a signé un contrat de 11 milliards $US sur 12 ans pour diffuser la LNH au Canada, un montant inaccessible pour la LPHF.
Malgré cela, Alixandra Krahn, docteure en études féminines du sport, souligne que les diffuseurs sous-estiment l'engouement pour le sport féminin.
Elle cite l'exemple de la Coupe du monde féminine de soccer 2023, regardée par 2 milliards de personnes, ou encore la WNBA, qui a établi un record d'assistance avec plus de 20 000 spectateurs à Montréal en juillet 2024.
La WNBA a signé un contrat de diffusion de 2,2 milliards $US sur 11 ans, et son nouveau contrat collectif a permis d'augmenter le salaire maximal des joueuses de 250 000 $US en 2025 à 1,4 million $US en 2024.
Modèles de rémunération variés
Les ligues féminines adoptent des approches différentes pour améliorer les salaires.
La LPHF, par exemple, offre des allocations de logement et ne fixe pas de plafond salarial, mais les revenus restent modestes.
Marie-Philip Poulin, capitaine de la Victoire de Montréal, gagnait environ 110 000 $US lors de la dernière saison.
Contrairement à la LNH, où les revenus sont partagés entre propriétaires et joueurs, la LPHF ne bénéficie pas d'un tel système.
Sylvie Béliveau, ancienne entraîneuse de soccer et cofondatrice de l'organisme Égale Action, met en garde contre des augmentations trop rapides, citant l'exemple de la WUSA, une ligue de soccer professionnelle américaine qui a fermé en 2003 après trois saisons en raison de pertes financières.
Croissance et durabilité
Malgré les défis, le sport féminin connaît une croissance significative.
Krahn souligne que le marché n'est plus un niche et que les athlètes féminines attirent de plus en plus de spectateurs et de commanditaires.
Béliveau ajoute que la visibilité des joueuses comme Marie-Philip Poulin, Ann-Renée Desbiens ou Laura Stacey inspire les jeunes filles et favorise l'engagement des spectateurs.
Pour Béliveau, la durabilité des ligues féminines passe par une progression graduelle des salaires, afin d'éviter des fermetures prématurées.
Elle insiste sur l'importance de la régularité pour attirer un public fidèle et élargir l'audience.
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