Un supérieur de prison visé par un présumé complot de meurtre nie tout abus de pouvoir

L’identité du gardien est protégée dans le cadre du projet South sur la corruption policière à Toronto.
Résumé
Affaire en Ontario
En Ontario, au Canada, un détenu nommé Joshua Malcolm-Evans, âgé de 30 ans et incarcéré depuis février 2024, a accusé un haut gradé du Centre de détention du Sud de Toronto de maltraitance et d’abus de pouvoir.
Malcolm-Evans, qui a plaidé coupable pour 40 accusations liées au trafic de drogue et d’armes à feu, a déposé une requête pour faire réduire sa peine ou arrêter les procédures judiciaires contre lui.
Il affirme que le superviseur a enfreint ses droits garantis par la Charte canadienne des droits et libertés, notamment en menant des fouilles intrusives, en jetant ses affaires personnelles et en lui refusant des couvertures.
Dans une déclaration sous serment, il décrit un environnement carcéral traumatisant, affirmant que le superviseur supervisait des fouilles à nu inappropriées et lui aurait déclaré que les détenus n’avaient aucun droit.
Allégations de piège
L’avocat de Malcolm-Evans, Me Sherif Foda, accuse le haut gradé d’avoir manigancé une situation pour le faire inculper à tort pour contrebande d’une arme illicite.
Selon la défense, le superviseur aurait introduit une arme blanche dans un sac utilisé pour une fouille de matières fécales, un type de contrôle où les détenus doivent déféquer sous surveillance pour détecter des objets cachés dans leur corps.
La vidéo de surveillance du 30 avril 2025 montre que deux agents ont noté sur un numériseur la présence d’un objet suspect dans le corps de Malcolm-Evans, déclenchant cette fouille.
Cependant, la défense souligne que le superviseur n’a pas correctement rapporté les événements, notamment en omettant des détails dans son témoignage du 8 juillet 2025.
L’arme retrouvée n’était pas tachée de sang ou d’excréments, ce qui remet en cause son origine naturelle.
Réponse du superviseur
Le haut gradé, dont l’identité est protégée par une ordonnance de non-publication, a nié toutes les accusations lors de son témoignage.
Il affirme qu’il supervisait simplement le travail de ses agents et qu’il n’a jamais apporté d’arme pour piéger Malcolm-Evans.
Il explique que les fouilles de matières fécales sont protocolaires en cas de suspicion de contrebande, et que les détenus ont le droit de refuser ces fouilles, mais pas d’échapper aux règles.
Il ajoute qu’il n’a jamais ordonné de campagne de harcèlement contre le détenu et qu’il a toujours encouragé les prisonniers à porter plainte s’ils se sentaient lésés.
Il insiste sur le fait que tous les détenus sont traités de manière équitable, conformément aux procédures carcérales.
Contexte du projet South
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de corruption et de crime organisé au Canada.
En 2025, la police régionale de York a lancé le projet South, une enquête visant à démanteler un réseau criminel impliquant des policiers et des agents correctionnels.
L’enquête a révélé un complot présumé pour assassiner un autre haut gradé du même centre de détention, distinct de celui visé par Malcolm-Evans.
Plusieurs policiers de Toronto ont déjà été condamnés dans le cadre de cette enquête.
Le chef adjoint de la police régionale de York, Ryan Hogan, a confirmé en février 2025 que l’opération avait permis d’éviter un meurtre ciblé, mais n’a pas précisé si le complot était lié aux abus présumés dénoncés par Malcolm-Evans.
Procédures judiciaires
La Cour supérieure de l’Ontario examine actuellement les allégations de Malcolm-Evans et les contre-arguments du superviseur.
Pour protéger l’identité du haut gradé, des panneaux amovibles ont été installés dans la salle d’audience, et seule sa voix était audible.
La défense a tenté de démontrer des inexactitudes dans le rapport du superviseur, notamment en soulignant que la vidéo de surveillance ne montrait pas les agents s’exclamant comme décrit dans le témoignage.
Le procès se poursuit, et la décision sur la requête de Malcolm-Evans (réduction de peine ou arrêt des procédures) n’a pas encore été rendue.
Le centre de détention du Sud de Toronto est déjà connu pour des allégations répétées d’abus de pouvoir, sans que ces affaires aient été directement liées à celle-ci.
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