Les États-Unis et l’Arabie saoudite frappent l’Irak, une étape inédite dans le conflit

Le président américain Donald Trump menace de « frapper fort » l'Iran.
Résumé
Nouvelle escalade militaire
Pour la première fois depuis le début de la guerre le 28 février, l'Arabie saoudite a officiellement reconnu sa participation aux côtés des États-Unis dans un conflit en Irak.
Dans la nuit du mardi 29 au mercredi 30 juillet 2026, les deux pays ont mené des frappes aériennes dans l'est de l'Irak contre les Forces de mobilisation populaire (FMP), une coalition de groupes armés irakiens incluant des factions pro-iraniennes.
Selon le Commandement central des États-Unis (CENTCOM), ces attaques visaient des sites logistiques et d'armement utilisés par des groupes terroristes.
Le CENTCOM précise que cette opération est une réponse à plus de 30 attaques de drones lancées par le Corps des Gardiens de la révolution islamique (l'armée idéologique de l'Iran) en 72 heures.
Les FMP, qui dénoncent une escalade dangereuse, rapportent que ces frappes ont causé la mort d'au moins 20 de leurs membres et blessé 32 autres.
Réactions et condamnations
La présidence irakienne a condamné sans équivoque les frappes, les qualifiant d'attaque inacceptable et de violation flagrante de la souveraineté de l'Irak.
Elle a également dénoncé une atteinte à ses institutions officielles.
Malgré cette condamnation, le président américain Donald Trump a affirmé à la chaîne Fox News que ces frappes avaient été coordonnées avec le gouvernement irakien.
Par ailleurs, le premier ministre irakien Ali al-Zaidi a convoqué une réunion d'urgence du Conseil national de sécurité pour discuter de la situation.
Le Conseil ministériel irakien pour la sécurité nationale a adopté un plan global visant à protéger la souveraineté du pays et à empêcher toute entité d'utiliser son territoire pour menacer ses voisins.
L'Arabie saoudite, de son côté, a nié les accusations selon lesquelles les milices irakiennes auraient tiré des drones contre ses installations pétrolières, tout en avertissant qu'elle répondrait à toute agression.
Tensions régionales accrues
Le conflit s'est étendu à d'autres fronts, notamment entre les rebelles yéménites houthis et l'Arabie saoudite.
Les Houthis, soutenus par l'Iran, ont affirmé avoir visé un pétrolier saoudien en mer Rouge avec des missiles, l'accusant de violer le blocus naval qu'ils imposent au royaume.
Le gouvernement yéménite a accusé les Houthis de vouloir imposer des droits de passage aux navires transitant par la mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb, un point stratégique pour les exportations saoudiennes.
Parallèlement, l'Iran a annoncé avoir frappé et arrêté trois pétroliers tentant de franchir le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant la guerre environ 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial.
Les Gardiens de la révolution islamique ont également tiré des missiles balistiques sur une base aérienne et le quartier général du CENTCOM en Jordanie, mais cinq missiles ont été interceptés et détruits par l'armée jordanienne sans faire de victimes.
Menaces et déclarations
En réponse aux frappes iraniennes, le président Trump a déclaré que les États-Unis allaient frapper fort l'Iran, affirmant qu'ils allaient lui infliger une « raclée ».
Cette recrudescence des hostilités survient après plusieurs jours de calme relatif et augmente le risque d'un retour à une guerre totale.
Elle met également en lumière la difficulté de mettre fin à un conflit qui dure depuis cinq mois, qui a ébranlé l'économie mondiale et qui est impopulaire auprès des Américains.
Par ailleurs, cette escalade coïncide avec la visite à Washington du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, qui a rencontré Donald Trump pour la première fois depuis le début de la guerre régionale, déclenchée par des attaques de leurs pays contre l'Iran en février.
Washington avait précédemment indiqué vouloir laisser une place aux négociations avec l'Iran, avec une pause dans les hostilités, mais les nouvelles frappes sont intervenues le lendemain de cette visite.
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