Rebâtir une démocratie de l’eau / Refuges climatiques / Un chant lyrique en dialogue avec le public
Aujourd'hui à 7 h 38, Julie Gacon reçoit le journaliste Nicolas Celnik pour évoquer l'accaparement de l'eau, un phénomène que les sécheresses rendent de plus en plus préoccupant..
La question des refuges climatiques est abordée avec François de Gasperi, chercheur en études urbaines à la Chaire Territoires et Transition à GEM. Ces refuges désignent des espaces urbains conçus pour atténuer les effets des canicules et des vagues de chaleur, de plus en plus fréquentes avec le réchauffement climatique. Leur création vise à protéger les populations vulnérables, notamment les personnes âgées, les enfants ou les travailleurs en extérieur. Ces espaces peuvent prendre la forme de parcs ombragés, de bâtiments équipés de systèmes de refroidissement, ou de zones végétalisées. L’enjeu est double : d’une part, répondre à l’urgence sanitaire liée aux températures extrêmes, et d’autre part, intégrer ces solutions dans une réflexion plus large sur l’aménagement des villes. En France, des projets pilotes existent déjà, mais leur généralisation reste un défi, notamment en raison des coûts et de la nécessité de concertation avec les habitants.
Nicolas Celnik, journaliste indépendant et auteur de l’ouvrage Les Assoiffeurs (paru en avril 2026), alerte sur le phénomène d’accaparement de l’eau par des entreprises. Ce terme désigne la pratique consistant pour des acteurs privés (agroalimentaires, industriels, énergétiques) à s’approprier des ressources hydriques, souvent en achetant ou en louant des droits d’eau à long terme, au détriment des populations locales et de l’écosystème. En période de sécheresse, ces pratiques aggravent les tensions autour de l’accès à l’eau, une ressource de plus en plus rare. Par exemple, en France, des conflits ont émergé dans des régions comme la Provence ou le Sud-Ouest, où des multinationales exploitent des nappes phréatiques pour des cultures intensives ou des activités industrielles. L’ouvrage de Celnik révèle que ce phénomène s’étend à l’échelle mondiale, avec des conséquences dramatiques pour les petits agriculteurs et les communautés locales.
Face à l’accaparement croissant de l’eau, Nicolas Celnik plaide pour l’instauration d’une démocratie de l’eau, c’est-à-dire un modèle de gestion où les décisions sur l’utilisation de cette ressource sont prises de manière transparente et participative. Ce concept s’oppose aux logiques privées et propose une gouvernance collective, impliquant les citoyens, les collectivités locales et les acteurs économiques. Les outils pour y parvenir incluent des conseils de l’eau locaux, des audits publics des ressources, et des mécanismes de régulation stricts pour limiter les abus. En Europe, des initiatives similaires existent, comme en Espagne avec la Ley de Aguas (loi sur l’eau), mais leur application reste inégale. L’enjeu est de concilier les besoins économiques, sociaux et environnementaux, tout en garantissant un accès équitable à l’eau pour tous.
Axelle Fanyo, soprano invitée au festival *Chamonix Vallée Classics*, illustre une autre forme de dialogue avec le public à travers le chant lyrique. Son approche repose sur une interaction directe avec le public, où elle invite les spectateurs à participer activement, par exemple en chantant avec elle ou en posant des questions. Ce format, moins conventionnel que les concerts traditionnels, vise à rendre l’opéra et la musique classique plus accessibles et moins intimidants. Fanyo explique que cette démarche s’inscrit dans une volonté de démocratiser la culture, en brisant les barrières entre les artistes et le public. Son travail s’appuie sur des œuvres variées, allant du répertoire classique aux créations contemporaines, et met en lumière la capacité de la musique à créer du lien social.

