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Produire des voitures électriques compétitives en France était « impossible », Renault passe pourtant le cap du million

Raphaëlle Baut· 10 juillet 2026
Produire des voitures électriques compétitives en France était « impossible », Renault passe pourtant le cap du million

Quinze ans après avoir lancé le pari de la Zoé, Renault vient de franchir un cap plus que symbolique : celui du million de véhicules électriques produits en France. Et « ce n’est que le début », se réjouit François Provost.

Résumé

1

Un million de voitures

Renault a franchi un cap symbolique en produisant plus d’un million de véhicules électriques en France.

Cette réalisation a été rendue possible grâce au succès de modèles comme la Renault 5 E-Tech, dont plus de 100 000 unités ont été produites fin 2025.

Le groupe automobile affirme que ces petites citadines électriques, comme la R5, la R4 et la Twingo, génèrent désormais des marges positives, contredisant ainsi les critiques passées selon lesquelles ces véhicules ne seraient pas rentables.

Renault prouve donc que la production de voitures électriques compactes peut être économiquement viable en France, malgré les doutes exprimés par des concurrents comme Stellantis en 2023.

2

La Renault 5, symbole

La Renault 5 E-Tech joue un rôle central dans cette réussite industrielle.

Lancée pour démocratiser la voiture électrique, elle a dépassé les 100 000 unités produites fin 2025 et devrait atteindre 200 000 d’ici la fin de l’année 2026.

Plus de 70 000 exemplaires ont déjà été vendus rien qu’en France.

Pour répondre à cette demande, l’usine de Douai a dû augmenter ses cadences de production et recruter des équipes supplémentaires pour travailler de nuit.

La R5 partage la chaîne d’assemblage avec d’autres modèles électriques comme la Mégane E-Tech, le Scénic E-Tech, l’Alpine A290, la Mitsubishi Eclipse Cross et la Nissan Micra, illustrant la diversité de la production française.

3

Des marges positives

François Provost, PDG du groupe Renault, a révélé que les petites citadines électriques (R5, R4, Twingo) génèrent des marges positives, et même supérieures à celles des modèles plus grands comme la Mégane ou le Scénic.

Cette performance économique a été rendue possible grâce à une rationalisation de l’architecture technique, à la suppression des coûts logistiques liés à l’importation de batteries d’Asie, et à une optimisation de l’écosystème industriel local.

Renault a ainsi renversé le mythe selon lequel les petites voitures électriques ne seraient pas rentables, prouvant que la production locale peut être compétitive.

4

Un enjeu industriel

Pour Renault, ce million de véhicules électriques produits en France représente bien plus qu’un succès commercial : c’est une opportunité pour renforcer la souveraineté industrielle du pays, accélérer sa décarbonation et recréer des emplois qualifiés dans les territoires.

François Provost souligne que cette transition n’est pas seulement technologique, mais aussi économique et sociale.

Cependant, le groupe met en garde contre la concurrence accrue des constructeurs chinois, qui bénéficient d’un avantage de compétitivité de 30 % à 40 % et voient leurs parts de marché en Europe passer de 2 % à 10 % en moins de deux ans.

Renault demande donc à l’Europe de définir une stratégie industrielle claire pour protéger les intérêts des constructeurs européens.

5

Investissements et défis

Renault a investi 13 milliards d’euros en France depuis 2021 pour moderniser ses usines et développer ses modèles électriques, avec un engagement supplémentaire de 13 milliards d’euros d’ici 2030.

Malgré ces efforts, le groupe estime que la concurrence chinoise et les asymétries de compétitivité (fiscale, énergétique) rendent nécessaire un soutien accru des pouvoirs publics.

Sans une politique européenne cohérente, Renault ne pourra pas indéfiniment compenser seul ces désavantages.

Le constructeur emploie désormais directement 39 000 salariés en France, contribuant ainsi à l’économie locale et à la transition énergétique du pays.

6

Un futur prometteur

Renault présente ce premier million de véhicules électriques comme le début d’une nouvelle ère, et non comme une fin en soi.

François Provost insiste sur la nécessité de poursuivre cette dynamique pour atteindre des caps encore plus ambitieux, comme les 2, 5 ou 10 millions de véhicules produits en France.

L’histoire de la Zoé et du Kangoo Z.E., autrefois considérés comme des projets utopiques, montre que la vision de Renault a porté ses fruits.

Le groupe reste cependant conscient des défis à venir, notamment face à la concurrence internationale, et appelle à une mobilisation collective pour assurer la pérennité de l’industrie automobile électrique européenne.

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