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B : Binaire ! Binaire ! Est-ce que j’ai une gueule de binaire ?

Binaire · mis à jour 8 mai

Le terme binaire a depuis longtemps une acception et une étymologie stables et claires dans le champ scientifique, mais un sens plus subjectif émerge pour désigner ce qui est sans nuance, et surtout qui ne reconnait pas simplement dans le masculin ou le féminin . Analyse et explications de Yves Bertrand qui continue ici un […] L’article B : Binaire ! Binaire ! Est-ce que j’ai une gueule de binaire ? est apparu en premier sur Blog binaire..

Binaire en informatique

En informatique, le terme binaire désigne un système utilisant uniquement deux états possibles pour représenter des informations, symbolisés par 0 ou 1. Ces états correspondent à des signaux électriques dans un ordinateur : un composant peut laisser passer le courant (1) ou non (0). Ce système est basé sur la base 2, où chaque chiffre (appelé bit) ne peut prendre que ces deux valeurs. Par exemple, avec 10 bits, un ordinateur peut représenter 1 024 nombres différents (2^10), et avec 20 bits, plus d'un million (2^20). Cette simplicité est essentielle pour concevoir des machines capables de traiter des quantités colossales d'informations rapidement. Le bit est donc l'unité de base de l'information numérique, tout comme le doigt est l'unité de base pour compter avec ses mains.

Binaire et société

Historiquement, le terme binaire a été utilisé pour désigner des systèmes à deux états complémentaires, comme le masculin et le féminin dans le Code napoléonien de 1804. Ce code a imposé une hiérarchie entre hommes et femmes, les hommes étant considérés comme majeurs et supérieurs. En 1942, le régime de Vichy a renforcé cette binarité en discriminant les homosexuels, fixant leur majorité sexuelle à 21 ans contre 13 ans pour les hétérosexuels. La binarité, lorsqu'elle s'applique à la société, peut donc devenir un outil de hiérarchisation et d'exclusion. Aujourd'hui, le terme non-binaire est utilisé pour désigner les personnes qui ne se reconnaissent pas dans cette binarité imposée, qu'il s'agisse du genre ou de l'orientation sexuelle.

Évolution du genre humain

Le concept de non-binarité en sociologie s'oppose à la binarité traditionnelle qui classe les individus en deux catégories hiérarchisées. Axel Kahn, dans son ouvrage Et l'Homme, dans tout ça ?, défend l'idée d'une humanité unique et non hiérarchisée, où chaque individu est équivalent. Selon lui, les catégories de genre (homme/femme) ne sont que des cas particuliers parmi une infinité de variations individuelles. Cette vision rejoint l'idée d'une classe unique de citoyens, où tous les droits sont égaux. En 2013, le mariage pour tous en France a marqué une avancée vers cette reconnaissance, mais des reculs persistent, notamment aux États-Unis où des droits comme l'avortement ou la reconnaissance des personnes non-binaires sont menacés.

Binaire en physique quantique

Depuis une dizaine d'années, une révolution non-binaire émerge en physique avec l'informatique quantique. Contrairement aux bits classiques qui valent 0 ou 1, les qubits (bits quantiques) peuvent prendre une infinité d'états superposés, comme le célèbre chat de Schrödinger qui est à la fois mort et vivant tant qu'il n'est pas observé. Cette propriété permet de traiter des calculs complexes en temps polynomial, là où les ordinateurs classiques nécessiteraient des temps exponentiels. Par exemple, un ordinateur quantique pourrait résoudre des problèmes aujourd'hui insolubles, comme la modélisation de molécules pour la médecine. Cependant, cette technologie reste controversée : certains la considèrent comme une chimère, tandis que d'autres y voient une révolution scientifique majeure.

Ce que ça pourrait changer

L'informatique quantique soulève des questions éthiques et sociétales. Si les progrès technologiques sont exponentiels, les défis humains le sont tout autant : dérèglement climatique, famines, pandémies et guerres. L'article souligne le risque que ces avancées soient utilisées à des fins destructrices plutôt que pour le progrès humain. Une morale *non-binaire*, fondée sur l'égalité et le rejet des hiérarchies arbitraires, est présentée comme une solution. Les auteurs, Yves Bertrand et Frédéric Havet, insistent sur la nécessité d'une approche humaniste et altruiste pour guider le développement technologique. Cette vision s'oppose aux *pseudo-sciences* comme la scientologie ou l'anthroposophie, qui cherchent à justifier des hiérarchies sociales fallacieuses.

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