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Philosophie

Appel à contributions – Les bornes de l’enfance : entre universalité et relativité culturelle

Implications Philosophiques · mis à jour 10 mars

Appel à contributions Les bornes de l’enfance : entre universalité et relativité culturelle Revue Implications philosophiques L’enfance fait partie de la condition naturelle de l’espèce humaine : avant d’être adulte, il faut avoir été enfant. S’il est difficile de douter de l’universalité de cette proposition, la variabilité historique et sociale de la catégorie d’enfance est considérable.

L'enfance, un concept universel?

L’article interroge la notion d’enfance comme une étape universelle de la vie humaine, tout en soulignant sa grande variabilité selon les époques et les cultures. Des chercheurs comme Philippe Ariès (1975) ou Jean-Noël Luc (1989) ont montré que la définition de l’enfance a évolué au fil du temps : par exemple, l’adolescence n’a été reconnue comme une période distincte que progressivement. Des différences culturelles existent aussi, comme le montre Jacqueline Rabain (1994) dans son étude sur les enfants Wolofs au Sénégal. Même dans une même société, les limites de l’enfance posent question, notamment sur le plan juridique, comme l’âge de la majorité ou les règles encadrant l’interruption volontaire de grossesse. L’article souligne que l’enfance n’est pas seulement une réalité biologique, mais aussi une construction sociale et culturelle, ce qui invite à réfléchir sur les risques liés à une définition trop précoce ou trop tardive de cette période.

L'enfance, une privation de parole?

L’étymologie latine du mot infans (qui signifie « celui qui ne parle pas ») suggère que l’enfance est marquée par une absence de parole. Pourtant, les enfants acquièrent généralement cette compétence bien avant de devenir adultes. Cette apparente contradiction amène à se demander si cette privation ne reflète pas plutôt une exclusion symbolique : l’enfant, tant qu’il est considéré comme tel, n’aurait pas le statut d’interlocuteur légitime aux yeux des adultes. Une autre piste de réflexion est proposée par certains chercheurs, comme Audidière et Janvier (2022), qui suggèrent que la notion d’enfance pourrait être une idéologie justifiant la domination des générations passées sur les nouvelles. L’article invite ainsi à interroger le rôle de cette catégorie dans les rapports de pouvoir au sein des sociétés.

Universalisme ou relativisme culturel?

Si l’enfance existe dans toutes les sociétés, sa définition varie considérablement d’un contexte à l’autre. Certains chercheurs, comme Lemieux (2019), proposent de ne pas tomber dans un relativisme culturel absolu, mais plutôt d’identifier des invariants sous-jacents aux différentes conceptions de l’enfance. Cela permettrait de mieux comprendre ce qui pourrait être universel dans cette période de la vie, sans nier pour autant les spécificités culturelles. L’article encourage les contributeurs à explorer cette tension entre universalité et relativité, en proposant des concepts comparatifs qui permettent de comparer des définitions sociales de l’enfance a priori incommensurables.

Quatre axes de réflexion proposés

L’appel à contributions invite les auteurs à explorer la question des bornes de l’enfance selon quatre axes principaux. Le premier axe porte sur l’enfance comme âge de la vie, en interrogeant son histoire et sa place dans les sciences et les sociétés, notamment à travers des auteurs comme Canguilhem (2009) ou Piaget (2000). Le deuxième axe examine la prise en charge des enfants, incluant les pratiques éducatives, les institutions et les normes sociales qui encadrent leur entrée et leur sortie de l’enfance. Le troisième axe s’intéresse à l’enfance de l’adulte, c’est-à-dire aux usages sociaux et idéologiques de cette notion pour justifier des rapports de domination, comme le suggère Beauvoir (1947) ou Fanon (1952). Enfin, le quatrième axe explore l’imaginaire de l’enfance chez les adultes, notamment à travers des œuvres culturelles ou des idéologies qui idéalisent ou diabolisent cette période.

Ce que ça pourrait changer

Les contributions doivent être soumises sous forme de résumé de 750 mots maximum avant le 15 mai 2026, avec un titre, l’axe choisi et cinq mots-clés. Les réponses aux auteurs seront envoyées le 30 mai 2026. Les articles complets, d’une longueur maximale de 10 000 mots, devront être envoyés avant le 31 septembre 2026. La publication est prévue pour février 2027. Les propositions doivent être envoyées en PDF à deux adresses mail : contact@benoitpeuch.com et lionelcollon@ymail.com. Les articles finaux devront respecter les normes de la revue *Implications philosophiques* et être anonymisés pour une évaluation en double aveugle.

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