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Cancers, handicaps… En Afrique du Sud, l’enfer des habitants de Snake Park face à la pollution des anciennes mines d’or

Margaux Solinas· 1 août 2026
Cancers, handicaps… En Afrique du Sud, l’enfer des habitants de Snake Park face à la pollution des anciennes mines d’or

Dans le quartier informel de Snake Park, à Soweto (Afrique du Sud), les habitant·es souffrent d’asthme chronique, de cancers du poumon et les enfants naissent régulièrement avec un handicap. En cause : les particules de poussières polluées issues d’un bassin de résidus miniers. Vert s’est rendu sur…

Résumé

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Snake Park et sa pollution

Snake Park est un quartier informel situé à Soweto, en Afrique du Sud, où vivent près de 35 000 habitant·es.

Ce quartier est marqué par la présence d’un terril minier, une montagne artificielle composée de déchets issus de l’exploitation des mines d’or.

Ces résidus, surnommés la montagne jaune, contiennent des métaux lourds toxiques comme l’uranium, l’arsenic, le cyanure, le cuivre et le plomb.

Ces substances, transportées par le vent sous forme de poussières, contaminent l’air et les sols du quartier.

Depuis 2017, au moins 15 enfants sont nés avec une paralysie cérébrale dans ce quartier, et d’autres présentent des malformations.

Ces problèmes de santé sont directement liés à l’exposition prolongée aux poussières toxiques, qui peuvent également causer des cancers, des problèmes respiratoires comme l’asthme, ou affecter le développement des fœtus.

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L’héritage de l’apartheid

Le quartier de Snake Park fait partie de Soweto, un township (quartier réservé aux populations noires sous le régime de l’apartheid) créé entre 1955 et 1965.

À cette époque, le gouvernement sud-africain a déplacé de force des milliers de personnes noires depuis d’autres quartiers de Johannesburg pour les reléguer dans des zones périphériques comme Soweto.

Ce système de ségrégation spatiale, appelé apartheid, a duré jusqu’en 1994.

Les mines d’or du Witwatersrand, dont celles proches de Snake Park, ont joué un rôle clé dans l’économie sud-africaine, mais leur exploitation a été marquée par l’exploitation des travailleur·euse·s noirs, souvent issu·es de l’immigration des pays voisins.

Après la fin de l’apartheid, les richesses minières ont continué à profiter aux élites politiques et économiques, tandis que les habitant·es des townships comme Snake Park restent confronté·es à la pauvreté et à l’absence d’infrastructures adaptées.

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Rôle des compagnies minières

Les compagnies minières sud-africaines, comme Pan African Resources, ont exploité les gisements d’or du Witwatersrand pendant des décennies.

Cependant, avec l’épuisement des gisements faciles à extraire et la baisse de rentabilité, de nombreuses mines ont été abandonnées sans plan de réhabilitation.

En Afrique du Sud, on dénombre 6 200 mines abandonnées, dont les terrils continuent de polluer l’environnement.

Les résidus miniers, laissés à l’air libre, libèrent des poussières toxiques qui affectent la santé des habitant·es.

Malgré les alertes des associations comme la fondation Bench-Marks, le gouvernement sud-africain n’a pas mis en place de solutions pour protéger les populations.

Pan African Resources, qui a racheté des licences minières proches de Snake Park, a commencé à installer des panneaux d’avertissement et à former les habitant·es, mais les militant·es restent sceptiques quant à ses intentions, craignant que ces actions ne soient que des mesures temporaires pour profiter de la hausse du cours de l’or.

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Conséquences sanitaires et sociales

Les habitant·es de Snake Park subissent des conséquences sanitaires graves en raison de la pollution.

Les poussières toxiques peuvent modifier le code génétique, causer des cancers (comme celui des os ou des poumons) et aggraver des maladies respiratoires comme l’asthme.

Par exemple, Lily Stebe, une militante de 69 ans qui gère un orphelinat dans le quartier, souffre d’asthme chronique.

Les enfants sont particulièrement vulnérables : certains naissent avec des handicaps comme la paralysie cérébrale, tandis que d’autres développent des malformations.

Les parents, souvent dans l’incapacité de s’occuper de ces enfants en raison de la précarité économique, les confient à des associations locales comme Bambanani ou à des grands-parents comme Ida Mpho Thseole.

Ces situations illustrent l’absence de soutien de l’État, qui ne fournit aucune aide aux familles touchées par la pollution.

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Défis et solutions envisagées

Face à l’inaction des autorités, les habitant·es de Snake Park et les associations comme Bench-Marks ou Bambanani se mobilisent pour dénoncer la situation et demander des solutions.

Leurs revendications incluent la création d’un nouveau quartier éloigné des terrils, ainsi que des mesures de réhabilitation environnementale.

Cependant, les promesses des entreprises minières, comme Pan African Resources, restent limitées et peu convaincantes aux yeux des militant·es.

David Van Wyck, expert de la fondation Bench-Marks, souligne que sans une intervention forte de l’État ou des investissements durables, la pollution continuera de menacer la santé des habitant·es.

La seule solution durable, selon lui, serait de déplacer la communauté vers un lieu sûr et de développer une économie locale qui ne dépende pas de l’exploitation minière.

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