En Jordanie, les frappes iraniennes font douter de l’alliance avec les États-Unis
Depuis la reprise de la guerre entre les États-Unis et l’Iran, la Jordanie est la cible d’attaques de plus en plus fréquentes de la part de Téhéran. Sur place, malgré la répression de la liberté d’expression, des voix s’élèvent pour critiquer l’alignement du pays sur la politique régionale américaine..
Depuis 2026, la Jordanie est directement touchée par la reprise des hostilités entre l’Iran et les États-Unis. Ces deux pays sont engagés dans une guerre indirecte, où chacun soutient des factions opposées dans la région. L’Iran, par exemple, finance et arme des groupes comme le Hezbollah ou les Houthis, tandis que les États-Unis soutiennent des alliés comme Israël ou l’Arabie saoudite. Cette situation crée une tension permanente, avec des frappes ciblées et des représailles fréquentes. La Jordanie, bien que neutre en apparence, se retrouve au cœur de ces échanges en raison de sa position géographique stratégique entre le Moyen-Orient et l’Asie.
Entre le 9 et le 17 juillet 2026, l’Iran a mené dix attaques par missiles balistiques contre la Jordanie, ciblant notamment la base aérienne Muwaffaq-Salti, située à Azraq. Ces frappes ont causé la mort de trois soldats américains stationnés sur place. Jusqu’alors, la Jordanie n’était touchée que par des débris de missiles iraniens destinés à Israël, mais ces nouvelles attaques marquent un tournant : Téhéran vise désormais directement des infrastructures et des militaires jordaniens. Les responsables locaux, comme Faisal Al-Fayez, président de la chambre haute du Parlement jordanien, ont réaffirmé que le pays ne voulait pas être un terrain de conflit, mais la réalité des tirs iraniens rend cette neutralité difficile à maintenir.
Dans la presse jordanienne, des voix s’élèvent pour remettre en question l’alliance de la Jordanie avec les États-Unis. Le quotidien Al-Ghad titre par exemple que « l’Iran met la Jordanie au cœur de la bataille », soulignant l’isolement croissant du pays. Une partie de la population et des médias accusent les États-Unis d’être responsables de cette situation, estimant que leur présence militaire en Jordanie attire les représailles iraniennes. Cette critique se heurte cependant à la répression de la liberté d’expression dans le pays, où les débats sur la politique étrangère sont souvent limités.
La Jordanie fait face à des défis sans précédent depuis le début de ces attaques. Le pays, déjà fragile économiquement, doit désormais gérer une crise sécuritaire majeure. Les infrastructures militaires, comme la base de Muwaffaq-Salti, sont endommagées, et la population craint des représailles supplémentaires. Malgré les déclarations des autorités jordaniennes affirmant vouloir éviter tout conflit régional, la situation les force à prendre position. Le pays se retrouve ainsi pris en étau entre les exigences de ses alliés américains et les pressions de l’Iran, qui cherche à affaiblir son voisin en le ciblant directement.
Plusieurs acteurs jouent un rôle clé dans cette crise. L’Iran, dirigé par le régime des mollahs, utilise ces frappes pour affaiblir les alliances américaines dans la région et tester la résistance de ses adversaires. Les États-Unis, de leur côté, maintiennent une présence militaire en Jordanie pour soutenir leurs alliés et contrer l’influence iranienne. Israël, voisin direct de la Jordanie, est également concerné, car les missiles iraniens traversent parfois son espace aérien. Enfin, la Jordanie elle-même, sous la direction du roi Abdallah II, tente de naviguer entre ces tensions pour préserver sa stabilité interne et sa souveraineté.

