La renommée en procès
Au Moyen Âge, la justice ecclésiastique transforme rumeurs, témoignages et renommée publique en instruments de jugement. La fama permet ainsi de situer le point de croisement de la pratique sociale et de la procédure judiciaire.
Résumé
Une enquête historique
Arnaud Fossier, historien spécialiste de l’Église médiévale, publie une étude basée sur quatre registres de procès tenus par la curie épiscopale de Pistoia (Italie) entre 1287 et 1301.
Ces documents, rares pour l’époque, contiennent 90 affaires jugées par le vicaire général de l’évêque.
Contrairement à d’autres travaux comme ceux de Le Roy Ladurie ou Ginzburg, Fossier ne cherche pas à reconstituer une réalité sociale à travers les témoignages, mais à analyser comment la justice ecclésiastique fonctionnait concrètement.
Les registres ne reflètent pas la vérité des faits, mais la fama (la renommée ou l’opinion publique), construite et utilisée comme outil juridique par les tribunaux.
Cette approche s’inscrit dans la microhistoire, une méthode qui étudie des cas précis pour éclairer des mécanismes plus larges.
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