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"Gang de black" : enquête sur une polémique

France Culture - Savoirs· 1 juillet 2026
"Gang de black" : enquête sur une polémique

Depuis les vacances de printemps, le lycée Jean Renoir de Bondy est au cœur d’une polémique politico-médiatique. Au départ, un enregistrement d'une CPE, qui ne se sait pas enregistrée, évoque « un gang de blacks » pour désigner des élèves. Une mobilisation politique et étudiante se met en place.

Résumé

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Origine de la polémique

En mars 2026, une élève du lycée Jean Renoir à Bondy enregistre à son insu une conversation avec la Conseillère Principale d'Éducation (CPE), qui évoque un « gang de blacks » pour désigner des élèves.

Cet enregistrement est publié le 22 avril 2026 sur Instagram par Amal Bentounsi, militante et élue d'opposition à Meaux.

La polémique éclate alors, amplifiée par des personnalités politiques d'extrême droite et relayée dans les médias, notamment lors d'une chronique de Géraldine Wossner, rédactrice en chef du Point, le 1er juin 2026.

Cette dernière compare la situation à l'affaire Samuel Paty, un professeur assassiné en 2020 après avoir montré des caricatures de Mahomet en cours, ce qui ajoute une dimension sensible et politique au débat.

La CPE est suspendue à titre conservatoire le 18 mai 2026 en attendant une enquête du rectorat.

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Témoignages d'élèves

Face à la polémique, trois élèves du lycée, Sébastien, Lana et Soumaya, créent le compte Instagram @racisme.jeanrenoir pour recueillir des témoignages de discriminations racistes ou islamophobes au sein de l'établissement.

Sur une cinquantaine de témoignages recueillis, tous évoquent des comportements discriminatoires de la part du personnel.

Une ancienne surveillante témoigne avoir entendu une collègue dire « qu'elle en avait marre de ces noirs et ces arabes » lors de demandes de congés pour des fêtes religieuses.

Les élèves dénoncent notamment l'interdiction du port du bandeau (un accessoire de cheveux) pour les filles voilées ou perçues comme maghrébines, avec des cas de confiscation ou d'obligation de l'enlever pour entrer dans l'établissement.

Soumaya relate avoir été tirée par le bras par la CPE et contrainte de retirer son bandeau sous peine de ne pas pouvoir entrer.

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Réactions du corps enseignant

Le corps enseignant est divisé sur cette affaire.

Philippe Martinez, professeur retraité après 35 ans au lycée, nie l'existence d'un « racisme systémique » et affirme n'avoir jamais entendu d'élèves se plaindre de propos racistes de la part de l'administration.

À l'inverse, Ilias El Haddaj, élu de La France insoumise et ancien professeur de mathématiques au lycée, confirme l'existence d'un « fond de racisme systémique », alimenté selon lui par les CPE.

Il évoque notamment un bal des terminales en 2023 où des CPE ont demandé à des élèves voilées de retirer leur voile ou de quitter la salle des fêtes de la mairie de Bondy.

Un syndicat, FO, dénonce une « instrumentalisation politique » de l'affaire, accusant des députés de chercher à instrumentaliser les élèves pour des gains électoraux.

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Mobilisation et répression

Les élèves se mobilisent pacifiquement pour dénoncer les discriminations, mais leur action est mal perçue par une partie du personnel.

Un message sur Pronote (plateforme numérique utilisée par les établissements scolaires pour communiquer avec les familles et les élèves) les accuse d'avoir menti et diffamé la direction, alors qu'aucun nom n'a été cité dans leurs communiqués.

Le 18 mai 2026, un blocus pacifique organisé devant le lycée est réprimé par les forces de l'ordre.

Soumaya, une élève, rapporte avoir subi des propos violents d'un policier : *« Continue à chercher mes couilles, tu vas les trouver, mes couilles.

Quatorze ans, pas quatorze ans, j'en ai rien à foutre.

» Les élèves dénoncent également un manque de soutien de certains professeurs, qui minimisent leurs revendications en affirmant que la CPE « avait le droit de se tromper »*.

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Demandes et perspectives

Les élèves en lutte formulent plusieurs revendications pour améliorer la situation au lycée Jean Renoir.

Ils demandent notamment une « formation antiraciste obligatoire pour tous les adultes de l'établissement », afin de sensibiliser le personnel aux discriminations et aux biais inconscients.

Soumaya souligne que « tout ça n'aurait pas eu lieu si nos revendications avaient été écoutées dès le début », insistant sur l'absence de dialogue initial.

La CPE suspendue a vu sa situation s'aggraver avec des tentatives de « décrédibilisation » et de « victimisation » de la part de la direction, selon les élèves.

Malgré les tensions, certains professeurs reconnaissent que les élèves manquent d'outils pour dénoncer des situations discriminantes de manière efficace, tout en s'interrogeant sur la crédibilité de leur parole face à celle d'un adulte.

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