Le combat d’Angel Foster, la médecin qui aide des milliers de femmes à avorter aux Etats-Unis
« L’Amérique des “résistantes” » (4/5). La docteure, à l’initiative du Massachusetts Medication Abortion Access Project, défend le droit à l’avortement malgré les restrictions de l’administration Trump..
L’élection présidentielle américaine du 5 novembre 2024, remportée par Donald Trump, a provoqué une réaction inattendue dans le pays. Face à la crainte d’un durcissement des lois sur l’avortement sous son mandat, des femmes de tous âges ont massivement cherché à se procurer des pilules abortives ou des pilules du lendemain en ligne. Cette réaction, décrite comme irrationnelle et désordonnée, reflétait un mouvement de panique généralisé. Les médicaments abortifs, comme la mifépristone, nécessitent normalement une prescription médicale pour être légalement utilisés, mais cette nuée de commandes en ligne a montré une volonté collective de prendre les devants face à des restrictions futures. La docteure Angel Foster, fondatrice d’un projet d’accès à l’avortement médicamenteux, a été surprise par cette mobilisation spontanée.
Angel Foster, médecin et chercheuse à Cambridge dans le Massachusetts, avait déjà vécu une situation similaire huit ans plus tôt, lors de l’élection de Donald Trump en 2016. À l’époque, elle avait voté pour Hillary Clinton et avait ressenti un profond désarroi face aux promesses de restriction des droits reproductifs du nouveau président. En 2024, elle s’interrogeait sur l’impact de cette nouvelle victoire électorale sur son projet en cours : le Massachusetts Medication Abortion Access Project (MAP), un service en ligne créé un an plus tôt pour faciliter l’accès aux pilules abortives. Ce projet visait à contourner les barrières légales en proposant des prescriptions et des envois de médicaments, malgré les restrictions croissantes dans certains États américains.
Le Massachusetts Medication Abortion Access Project (MAP) est une initiative lancée par Angel Foster en 2023 pour répondre aux difficultés croissantes d’accès à l’avortement médicamenteux aux États-Unis. Ce projet permet aux femmes de recevoir une prescription médicale en ligne et d’obtenir les médicaments abortifs par courrier, sans avoir à se rendre dans une clinique. Le Massachusetts, État progressiste, offre un cadre juridique plus favorable que d’autres régions du pays, où les lois restrictives se multiplient. Le MAP s’inscrit dans une logique de résistance face aux politiques fédérales, notamment sous l’administration Trump, qui cherche à limiter drastiquement le droit à l’avortement. Foster espérait que ce service pourrait atténuer les conséquences d’un durcissement législatif national.
La réaction des femmes américaines après l’élection de 2024 a surpris Angel Foster, car elle reflétait une prise de conscience collective des risques encourus. Les commandes en ligne de pilules abortives, bien que souvent illégales ou inefficaces sans suivi médical, ont révélé une volonté de ne pas subir passivement les futures restrictions. Foster a été stupéfaite par cette mobilisation, car elle montrait que les femmes étaient prêtes à agir en dehors des cadres traditionnels pour préserver leur autonomie reproductive. Cette réaction spontanée a aussi souligné l’importance des solutions alternatives, comme le MAP, pour pallier les lacunes du système de santé américain, où l’accès à l’avortement varie fortement selon les États.
L’élection de Donald Trump en 2024 a ravivé les craintes d’un retour en arrière sur les droits des femmes aux États-Unis, où l’avortement est déjà interdit ou fortement restreint dans de nombreux États. Angel Foster et son projet MAP incarnent une forme de résistance médicale et sociale face à ces restrictions. Son initiative illustre les stratégies mises en place par les défenseurs des droits reproductifs pour contourner les obstacles législatifs, notamment dans les États les plus conservateurs. Foster, qui avait déjà ressenti un désarroi similaire en 2016, voit dans cette mobilisation une preuve que les femmes refusent de renoncer à leurs droits, même dans un contexte politique hostile. Le MAP pourrait ainsi devenir un modèle pour d’autres régions des États-Unis.

