Bénin, l'art en partage : Les paysages sonores de Yémendja Abatuci
Yémendja Abatuci est une créatrice sonore martiniquaise. Dans sa pratique, elle est à l’écoute des rythmes, des récits, des mémoires et de chaque détail qui compose l’environnement. Elle utilise cette matière sonore pour créer des paysages immersifs sous forme d’installations.
Résumé
Artiste sonore Yémendja Abatuci
Yémendja Abatuci est une artiste sonore martiniquaise dont le travail repose sur l’écoute des rythmes, des récits et des mémoires qui composent l’environnement.
Elle transforme ces éléments en paysages sonores immersifs, souvent présentés sous forme d’installations artistiques.
Son approche mêle art et recherche sensible, en explorant les liens entre le corps, les gestes et les récits oraux.
Dans le cadre du programme de résidence Inspiration Bénin, au Cœur des Mondes Africains à Ouidah, elle a mené un projet de recherche et de création intitulé Au rythme des vagues.
Ce projet se concentre sur les rythmes et les gestes rituels en Martinique et au Bénin, en mettant en lumière les similitudes entre les traditions locales des deux territoires.
Paysages sonores immersifs
Les paysages sonores conçus par Yémendja Abatuci sont des créations artistiques qui captent et réinterprètent les sons de l’environnement pour en faire une expérience immersive.
Ces installations invitent l’auditeur à plonger dans un univers où les sons, les rythmes et les récits se répondent.
Pour l’artiste, ces paysages ne sont pas de simples enregistrements, mais des outils de transmission et de connexion entre les cultures.
Ils permettent de recréer des liens entre des histoires et des identités dispersées par l’histoire, notamment celle de l’esclavage et de la déportation des peuples africains.
Son travail vise à donner une structure et une continuité à ces récits fragmentés.
Rituels et gestes répétitifs
Dans son projet Au rythme des vagues, Yémendja Abatuci étudie les rituels et les gestes répétitifs, comme ceux liés au bèlè en Martinique, une tradition musicale et dansante afro-caribéenne.
Elle observe que ces gestes, bien que transformés par le temps et les territoires, conservent une structure commune, notamment dans l’organisation des rythmes et des interactions entre les musiciens et les danseurs.
Ces répétitions offrent une stabilité et un ancrage, essentiels pour les communautés afrodescendantes issues de l’histoire de l’esclavage.
Pour l’artiste, ces rituels sont des moyens de retrouver une continuité culturelle et identitaire, malgré la dispersion géographique et historique.
Résidence à Ouidah
Yémendja Abatuci a participé au programme de résidence Inspiration Bénin, au Cœur des Mondes Africains, qui s’est tenu à Ouidah, une ville portuaire du Bénin.
Ce programme vise à soutenir des artistes et des chercheurs en leur offrant un espace de création et d’échange interculturel.
Dans ce cadre, l’artiste a pu approfondir ses recherches sur les liens entre les traditions sonores et rituelles de la Martinique et du Bénin.
Cette résidence a également permis de tisser des collaborations entre artistes locaux et internationaux, favorisant ainsi un dialogue culturel et artistique.
Importance des structures rythmiques
Pour Yémendja Abatuci, les structures rythmiques jouent un rôle central dans la transmission des récits et des identités.
Elle souligne que les rythmes, comme ceux des tambours ou des danses, offrent une structure stable à laquelle les communautés peuvent se raccrocher.
Ces structures, souvent répétitives, permettent de maintenir une continuité malgré les bouleversements historiques.
L’artiste explique que ces rythmes ne sont pas de simples motifs musicaux, mais des éléments porteurs de sens, capables de relier les individus à leur histoire et à leur culture, même après des siècles de séparation.
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