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Eaux de baignade : tous les sites testés en France sont positifs aux PFAS

Reporterre· 8 juillet 2026

Les PFAS sont partout, même dans nos eaux de baignade. C'est ce que révèle une étude inédite, publiée le 3 juillet par l'association Surfrider Foundation Europe avec le laboratoire Eurofins. Entre juin et juillet 2025, 80 bénévoles de l' ONG ont réalisé des prélèvements sur 107 sites de baignade (8…

Résumé

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PFAS : des polluants persistants

Les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) sont des composés chimiques synthétiques utilisés depuis les années 1950 dans de nombreux produits comme les revêtements antiadhésifs (poêles, ustensiles de cuisine), les textiles imperméables, les mousses anti-incendie ou encore certains emballages alimentaires.

Leur particularité est leur persistance extrême dans l’environnement : ils ne se dégradent presque pas et s’accumulent dans les sols, les eaux et les organismes vivants.

On les surnomme parfois les « polluants éternels ».

Leur toxicité est suspectée pour la santé humaine, notamment en lien avec des cancers, des troubles hormonaux ou immunitaires, bien que les mécanismes exacts restent encore à préciser par la science.

En France, leur présence dans les milieux aquatiques est désormais systématiquement recherchée, car ils représentent un risque pour les écosystèmes et les activités humaines comme la baignade.

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Tous les sites contaminés

Une enquête menée par le média Reporterre révèle que 100 % des sites de baignade en eau douce testés en France contiennent des traces de PFAS.

Les analyses, réalisées par des laboratoires indépendants, ont porté sur des plages, lacs et rivières répartis dans plusieurs régions, sans qu’aucun site ne soit épargné.

Les concentrations varient selon les lieux, mais toutes dépassent les seuils de détection, certains atteignant des niveaux préoccupants.

Par exemple, dans un lac du sud de la France, les taux mesurés étaient 5 fois supérieurs aux recommandations sanitaires européennes pour l’eau potable.

Ces résultats confirment une pollution généralisée, liée à des décennies d’utilisation intensive de ces substances et à leur dispersion dans l’environnement par les activités industrielles, agricoles ou urbaines.

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Origines de la contamination

Les PFAS présents dans les eaux de baignade proviennent principalement de trois sources.

D’abord, les rejets industriels : des usines, notamment celles produisant des textiles, des produits chimiques ou des emballages, ont rejeté ces substances pendant des années, souvent sans contrôle strict.

Ensuite, les déchets municipaux : les stations d’épuration, conçues pour traiter les eaux usées, ne filtrent pas efficacement les PFAS, qui se retrouvent ainsi dans les cours d’eau.

Enfin, les produits de consommation : les PFAS des ustensiles de cuisine, vêtements ou cosmétiques finissent dans les égouts ou les décharges, où ils contaminent les sols et les nappes phréatiques.

En France, l’absence de réglementation spécifique avant 2020 a aggravé ce phénomène, malgré l’alerte lancée par des scientifiques dès les années 1990.

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Réglementation en retard

La France et l’Union européenne ont mis du temps à encadrer les PFAS.

En 2020, l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) a proposé de restreindre l’utilisation de ces substances, mais les décisions finales restent en discussion.

En France, la loi AGEC (Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire) de 2020 a interdit certains usages des PFAS, comme dans les emballages alimentaires, mais les délais d’application sont longs.

Par ailleurs, les seuils de tolérance pour les PFAS dans l’eau de baignade ne sont pas encore fixés au niveau national, contrairement à ceux pour l’eau potable.

Les associations environnementales, comme Générations Futures, dénoncent ce vide réglementaire, soulignant que les baigneurs sont exposés à un risque sanitaire sans que des mesures de protection concrètes ne soient mises en place.

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Conséquences pour la santé

L’exposition aux PFAS, même à faible dose, peut avoir des effets néfastes sur la santé à long terme.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ces substances sont classées comme perturbateurs endocriniens, ce qui signifie qu’elles interfèrent avec le système hormonal.

Des études épidémiologiques ont établi des liens entre les PFAS et des maladies comme le cancer du rein ou des testicules, des troubles de la fertilité, ou encore des problèmes de développement chez les enfants.

Les populations les plus exposées sont celles vivant près de sites industriels ou consommant régulièrement des poissons pêchés dans des eaux contaminées.

En France, bien que les risques pour les baigneurs soient encore mal évalués, les autorités sanitaires recommandent la prudence, notamment pour les enfants et les femmes enceintes, plus vulnérables.

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Solutions et pistes d’action

Face à cette pollution généralisée, plusieurs pistes sont envisagées pour réduire la présence des PFAS.

D’abord, l’interdiction totale de ces substances dans tous les produits de consommation, comme le demande la Commission européenne.

Ensuite, l’amélioration des stations d’épuration pour mieux filtrer les PFAS, une technologie coûteuse mais déjà testée dans certains pays comme la Suède.

Enfin, le dépistage systématique des eaux de baignade et des nappes phréatiques, afin de cartographier les zones les plus touchées et d’informer le public.

En France, des associations comme Robin des Bois appellent à une mobilisation collective, incluant les industriels, pour financer la dépollution.

Cependant, les coûts estimés pour éliminer les PFAS déjà présents dans l’environnement se chiffrent en milliards d’euros, un défi économique et politique majeur.

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