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40 °C, sol granitique, bâti inadapté : la Bretagne n'est pas le refuge climatique qu'on croit

Chloé Richard· 6 août 2026

Sol granitique qui stocke peu l'eau, bâti inadapté... Longtemps considérée comme un territoire refuge, la Bretagne se trouve aujourd'hui particulièrement peu préparée aux effets du réchauffement climatique. Des records de températures battus, avec 42 °C à Vannes (Morbihan), 41 °C à Rennes (Ille-et-…

Résumé

1

Bretagne : climat moins clément

La Bretagne, souvent perçue comme une région au climat tempéré et humide, est de plus en plus exposée à des vagues de chaleur intenses.

En 2022, des températures de 40 °C ont été enregistrées dans le Morbihan, un phénomène rare il y a encore quelques décennies.

Ces épisodes caniculaires, autrefois exceptionnels, deviennent plus fréquents et plus longs en raison du réchauffement climatique.

Les projections climatiques indiquent que ces températures pourraient devenir la norme d’ici 2050, voire plus tôt.

La Bretagne n’est donc plus le refuge climatique qu’elle était autrefois, notamment pour les personnes âgées ou les travailleurs en extérieur.

2

Sol granitique : inertie thermique

Le sol breton, composé en grande partie de granit, présente une caractéristique physique appelée inertie thermique.

Cela signifie qu’il absorbe et restitue lentement la chaleur.

En période de canicule, le granit emmagasine l’énergie solaire pendant la journée et la restitue la nuit, empêchant les températures de baisser significativement.

Cette propriété aggrave les effets des vagues de chaleur, car elle maintient des températures nocturnes élevées, souvent supérieures à 25 °C, ce qui perturbe le sommeil et la récupération.

Les bâtiments, souvent construits avec des matériaux locaux comme le granite, amplifient ce phénomène en retenant la chaleur.

3

Bâti inadapté : isolation déficiente

Le parc immobilier breton, majoritairement construit avant les normes d’isolation actuelles, est mal adapté aux températures extrêmes.

Les maisons en pierre ou en brique, typiques de la région, ne sont pas conçues pour résister à la chaleur.

Elles accumulent la chaleur en journée et la restituent la nuit, créant un effet de serre intérieur.

De plus, les fenêtres, souvent petites et mal orientées, limitent la ventilation naturelle.

Selon les experts, près de 70 % des logements bretons seraient concernés par ce problème, ce qui pose un défi majeur pour l’adaptation au changement climatique.

4

Risques sanitaires accrus

Les vagues de chaleur en Bretagne ne sont pas sans conséquences sur la santé publique.

Les personnes vulnérables, comme les personnes âgées ou celles souffrant de maladies chroniques, sont particulièrement exposées aux risques de déshydratation, de coups de chaleur ou d’aggravation de pathologies existantes.

En 2022, les services d’urgence ont enregistré une hausse de 20 % des admissions liées à la chaleur par rapport aux années précédentes.

Les autorités sanitaires alertent sur l’augmentation des décès attribuables aux canicules, qui pourraient atteindre plusieurs centaines par an d’ici 2050 si aucune mesure d’adaptation n’est prise.

5

Adaptation nécessaire : solutions urgentes

Face à ces défis, des solutions d’adaptation sont envisagées pour rendre la Bretagne plus résiliente aux canicules.

Parmi elles, la végétalisation des villes, qui permet de rafraîchir l’air grâce à l’évapotranspiration des plantes, est une piste sérieuse.

Des projets pilotes, comme celui de la ville de Rennes, prévoient de planter 10 000 arbres d’ici 2025 pour créer des îlots de fraîcheur.

Une autre solution consiste à rénover les bâtiments pour améliorer leur isolation et leur ventilation, avec un budget de 50 millions d’euros alloués par la région Bretagne pour les prochaines années.

Ces mesures visent à limiter les impacts des vagues de chaleur sur la population et les infrastructures.

6

Politiques publiques en retard

Malgré l’urgence climatique, les politiques publiques en Bretagne peinent à suivre le rythme des changements observés.

Les plans locaux d’urbanisme (PLU) et les schémas régionaux de climat, air et énergie (SRCAE) intègrent désormais des objectifs de réduction des îlots de chaleur, mais leur mise en œuvre reste lente.

Les associations environnementales, comme Bretagne Nature Environnement, dénoncent un manque de coordination entre les collectivités et un financement insuffisant.

En 2023, seulement 30 % des communes bretonnes avaient adopté un plan d’adaptation aux canicules, alors que la région est de plus en plus exposée.

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