Alors que la CIJ fête ses 80 ans, Guterres affirme que le droit doit prévaloir sur la force
Le monde traverse un « moment de crise » et les pays doivent réaffirmer leur attachement au droit international face à la multiplication des violations et aux tensions géopolitiques, a déclaré le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, lors d'un événement organisé vendredi pour commémorer le 80e anniversaire de la Cour internationale de Justice (CIJ)..
La Cour internationale de Justice (CIJ) est la plus haute juridiction des Nations Unies (ONU), chargée de régler les conflits entre États et de rendre des avis juridiques sur demande des institutions de l’ONU. Surnommée la « Cour mondiale », elle siège au Palais de la Paix à La Haye, aux Pays-Bas. Créée après la Seconde Guerre mondiale, elle incarne l’idée que le droit international doit primer sur la force militaire. Contrairement à d’autres tribunaux, ses décisions sont contraignantes pour les États, ce qui signifie que ceux-ci sont tenus de les respecter sous peine de sanctions ou de pression diplomatique. En 2026, la CIJ célèbre ses 80 ans, marquant huit décennies de contribution à la stabilité internationale.
La CIJ a été fondée en 1946, peu après la fin de la Seconde Guerre mondiale, dans un contexte où les dirigeants mondiaux souhaitaient éviter un retour à la violence et à l’arbitraire. Leur objectif était clair : construire un système où la force du droit (l’autorité des règles internationales) l’emporterait sur la loi de la force (l’imposition par la violence). La Charte des Nations Unies, signée en 1945, sert de base juridique à cette mission. La CIJ agit comme une instance neutre pour résoudre les litiges entre États, par exemple sur des questions de frontières, de commerce ou de droits humains. Ses avis, bien que non contraignants, influencent fortement le droit international.
Depuis 80 ans, la CIJ a traité un nombre croissant d’affaires, ce qui témoigne de la confiance des États en son autorité et son indépendance. Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, souligne que cette confiance se renforce grâce à des efforts de modernisation, comme l’augmentation de la représentation des femmes parmi les juges. La Cour rappelle que la souveraineté des États (leur droit à l’autodétermination) et l’égalité entre eux ne sont pas de simples principes théoriques, mais des obligations juridiques. Ses décisions, y compris les mesures provisoires, doivent être respectées par les États, sous peine de conséquences juridiques ou politiques.
Malgré son rôle central, la CIJ et le système du droit international font face à des défis majeurs. António Guterres alerte sur des violations répétées des règles fondamentales, comme celles encadrant les conflits armés ou les obligations humanitaires. Certains États, pourtant garants de la paix mondiale, remettent en cause l’autorité de la Cour ou ignorent ses décisions. Cette érosion du droit international, selon le Secrétaire général, menace la stabilité mondiale : les conflits s’étendent, les crises économiques s’aggravent et les populations les plus vulnérables en paient le prix. Le cœur du problème réside dans le remplacement progressif de l’État de droit par la force brute.
Face à cette situation, António Guterres appelle la communauté internationale à un choix décisif : soit renforcer le droit international, soit céder à la loi du plus fort. Il insiste sur la nécessité de respecter les arrêts de la CIJ, de mettre en œuvre ses avis et de faire appliquer la Charte des Nations Unies. Pour lui, ce n’est pas seulement une question de principe, mais une urgence pratique. Ignorer ces règles aggrave les crises et expose le monde à des instabilités durables. Le Secrétaire général souligne que ce choix est clair et que son application exige du courage politique, surtout dans un contexte où les rapports de force évoluent rapidement.

