Amazon Leo veut lancer plus de 5 000 satellites pour concurrencer la téléphonie de Starlink

Starlink va trouver un sérieux concurrent sur sa route : Amazon. Le mastodonte américain du commerce en ligne bâtit actuellement une constellation de satellites pour de l’accès à internet fixe, et à la faveur d’une communication avec les régulateurs du pays, il confirme qu’il veut également mettre sur pied une offre de téléphonie. Amazon a […]
Résumé
Amazon défie Starlink
Amazon, géant américain du commerce en ligne, annonce son intention de concurrencer Starlink, le service d'accès internet par satellite d'Elon Musk, en lançant une flotte de plus de 5 105 satellites.
Contrairement à Starlink qui se concentre sur l'internet fixe, Amazon souhaite aussi proposer un service de téléphonie mobile via son projet Amazon Leo (anciennement Kuiper).
Cette initiative s'inscrit dans une stratégie de diversification des services satellitaires, avec une offre qui inclurait des appels vocaux, des messages, des données mobiles et des appels d'urgence dans les zones mal desservies par les antennes terrestres.
Amazon a déjà commencé à tester son service d'internet fixe par satellite et prévoit de le déployer commercialement d'ici la fin de l'année 2025.
Le groupe mise sur des partenariats avec des opérateurs traditionnels comme Vodafone, DirecTV ou des fournisseurs d'accès internet en Afrique du Sud et en Australie pour étendre sa couverture.
Une constellation de satellites
La flotte de satellites d'Amazon Leo sera répartie sur cinq plans orbitaux situés entre 510 et 580 kilomètres d'altitude, une altitude qualifiée de basse orbite terrestre.
Ces satellites communiqueront directement avec les smartphones grâce à des fréquences radio spécifiques, les bandes L et S, adaptées aux liaisons mobiles par satellite.
Chaque satellite sera équipé de liaisons optiques intersatellites, c'est-à-dire des connexions laser permettant un échange de données plus rapide et plus efficace entre les appareils en orbite.
Amazon promet que son système ajustera en permanence la qualité du signal en fonction des conditions, offrant des débits plus élevés lorsque la connexion est stable et maintenant une liaison fiable même en cas de perturbations.
Le groupe s'engage également à ne pas brouiller les fréquences des autres opérateurs et à limiter les interférences avec les bandes voisines.
Le déploiement de cette constellation pourrait débuter en 2028 si Amazon obtient l'autorisation de la FCC (Commission fédérale des communications américaine).
Des services variés et ciblés
Le service Direct-to-Device (D2D) d'Amazon Leo ne se limitera pas aux particuliers.
Amazon met en avant des applications professionnelles et humanitaires, comme les communications lors de catastrophes naturelles, la gestion de flottes de véhicules à l'échelle internationale, ou encore la connexion de capteurs IoT (Internet des Objets) isolés.
Le groupe a déjà acquis Globalstar, un réseau de satellites spécialisé dans les appels d'urgence et la messagerie, pour un montant de 11,57 milliards de dollars.
Amazon prévoit de poursuivre son partenariat avec Apple, qui utilise déjà les satellites de Globalstar pour des services d'urgence sur l'iPhone et l'Apple Watch Ultra 3.
La constellation d'Amazon Leo comptera plus de 390 satellites en orbite, une taille modeste comparée aux 10 800 satellites actifs de Starlink.
Trois types d'antennes sont déjà disponibles pour l'internet fixe : Nano (jusqu'à 100 Mbps), Pro (jusqu'à 400 Mbps) et Ultra (jusqu'à 1 Gbps en téléchargement et 400 Mbps en envoi).
Enjeux et régulation
Le déploiement de milliers de satellites en basse orbite soulève des questions sur la gestion de l'espace aérien et les risques de collisions.
Amazon s'engage à coordonner ses activités avec les autres acteurs du secteur pour éviter les interférences et maintenir une utilisation responsable des fréquences.
En Europe, l'Union européenne a verrouillé ses propres fréquences satellites pour protéger ses intérêts face à la concurrence de Starlink et d'Amazon Leo.
En France, l'Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques) a déjà donné son autorisation à Amazon Leo pour son service d'internet fixe.
Cependant, la CFE-CGC (syndicat français) a critiqué l'Arcep pour ne pas avoir suffisamment pris en compte les risques concurrentiels liés à ce projet.
Le déploiement du service D2D dépendra donc des autorisations réglementaires, notamment aux États-Unis, où la FCC doit valider la demande d'Amazon avant 2028.
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