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Droit

« Comme dans un film d’horreur » : des crimes de guerre ont été commis lors de la prise d'El Fasher

ONU : Droit et prévention du crime · mis à jour 13 févr.

Les violations commises par les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) lors de la prise de la ville d’El Fasher, dans la région soudanaise du Darfour, constituent des « crimes de guerre » et pourraient également relever de « crimes contre l’humanité », selon un rapport du Bureau des droits de l’homme de l’ONU publié vendredi..

Crimes de guerre au Darfour

Un rapport du Bureau des droits de l’homme de l’ONU, publié le 13 février 2026, accuse les Forces de soutien rapide (FSR), un groupe paramilitaire soudanais, d’avoir commis des crimes de guerre et potentiellement des crimes contre l’humanité lors de la prise de la ville d’El Fasher, dans la région du Darfour au Soudan. Ces violations incluent des massacres, des violences sexuelles, des exécutions sommaires et des pillages. Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) souligne que ces actes sont d’une gravité exceptionnelle et nécessitent des enquêtes « crédibles » pour que les responsables rendent des comptes. Le terme crime de guerre désigne des violations graves du droit international humanitaire commises lors d’un conflit armé, tandis qu’un crime contre l’humanité implique une attaque systématique ou généralisée contre une population civile, souvent en raison de son identité ethnique ou religieuse.

Bilan humain catastrophique

Le rapport de l’ONU révèle un bilan humain dramatique : plus de 6 000 décès ont été vérifiés lors de l’offensive contre El Fasher, après 18 mois de siège. Parmi ces victimes, 4 400 personnes ont été tuées en seulement trois jours dans la ville, et 1 600 autres alors qu’elles tentaient de fuir. Trois quarts des morts ont eu lieu à El Fasher, et un quart parmi les civils en fuite. Le Haut-Commissaire Volker Türk précise que le bilan réel est « significativement plus important ». Ces chiffres illustrent l’intensité et la brutalité de l’attaque, où les civils ont été ciblés de manière massive. Le Darfour est une région du Soudan marquée par des conflits ethniques récurrents, notamment entre groupes arabes et non-arabes.

Violences systématiques et ciblées

Les violations documentées par l’ONU montrent une attaque systématique contre les civils, souvent en raison de leur appartenance ethnique ou de leur affiliation présumée. Le rapport cite des massacres, des exécutions sommaires, des violences sexuelles, des enlèvements contre rançon, des actes de torture et des disparitions forcées. Par exemple, le 26 octobre 2026, environ 500 personnes auraient été tuées lorsque des combattants des FSR ont ouvert le feu sur une foule réfugiée dans le dortoir Al-Rashid de l’Université d’El Fasher. Les victimes étaient principalement des adolescents et des hommes de moins de 50 ans, souvent issus de la communauté zaghaoua, une ethnie non-arabe. Ces actes rappellent des violences déjà documentées en 2023 et 2025 dans d’autres villes du Darfour, suggérant une stratégie délibérée de terreur contre les civils.

Enlèvements et disparitions massives

Le rapport met en lumière un schéma d’enlèvements généralisés contre rançon, où des civils fuyant les combats ont été capturés et forcés de payer pour leur libération. Des milliers de personnes restent également portées disparues, ce qui aggrave la crise humanitaire. Ces pratiques, combinées aux violences physiques, illustrent une volonté de semer la terreur et de contrôler la population. Les enlèvements contre rançon sont une tactique courante dans les conflits où les groupes armés cherchent à financer leurs opérations ou à affaiblir les communautés cibles. Le HCDH souligne que ces abus s’inscrivent dans un cycle de violence persistant, alimenté par l’impunité des auteurs.

Ce que ça pourrait changer

Face à l’ampleur des crimes commis, le Haut-Commissaire Volker Türk appelle à des enquêtes « crédibles » et à une reddition des comptes pour les responsables. Il réitère également l’urgence de respecter l’**embargo sur les armes** en vigueur au Soudan, afin d’empêcher l’afflux d’armes et de matériel militaire aux parties au conflit. Cet embargo, imposé par la communauté internationale, vise à limiter la capacité des groupes armés à perpétrer des violences. Le HCDH insiste sur la nécessité de placer les droits de l’homme au cœur des solutions pour mettre fin à cette crise humanitaire, qui touche des millions de personnes au Darfour. La situation reste critique, avec des besoins humanitaires urgents et une population civile en danger.

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