Le Sahel pourrait être au seuil d’une nouvelle ère humide
Le changement climatique, la plantation d'arbres et l'adoption de nouvelles habitudes de consommation d'eau pourraient mettre fin à des décennies de sécheresse. L’article Le Sahel pourrait être au seuil d’une nouvelle ère humide est apparu en premier sur Le Grand Continent.
Résumé
Nappes phréatiques en hausse
Les réserves d’eau souterraines du Sahel, une région d’Afrique subsaharienne où vivent plus de 150 millions de personnes, atteignent leur niveau le plus élevé depuis des décennies.
Par exemple, au Niger, les nappes phréatiques ont augmenté en moyenne de 4 mètres, tandis que les eaux du lac Tchad se reconstituent et que de nombreux puits se remplissent à nouveau.
Ces observations, réalisées par des experts comme l’hydrogéologue Richard Taylor, contredisent les tendances mondiales actuelles, où d’autres régions comme l’Europe ou l’Asie du Sud subissent des sécheresses accrues.
Cette hausse des ressources hydriques s’explique par plusieurs facteurs naturels et humains, marquant un possible retour à une période humide, similaire à celle qui existait il y a 5 000 ans dans cette zone.
Moussons renforcées par le climat
Le changement climatique joue un rôle clé dans cette évolution.
Depuis plusieurs années, les précipitations au Sahel augmentent, notamment pendant la saison des pluies, sous forme d’orages violents.
Ce phénomène est lié au réchauffement de l’Atlantique Nord, lui-même causé par deux facteurs principaux : d’une part, le bouleversement climatique mondial qui élève les températures, et d’autre part, la réduction des aérosols sulfatés.
Ces derniers sont de minuscules particules issues de la combustion du charbon en Europe et en Amérique du Nord, qui formaient autrefois une fine brume refroidissant l’océan.
Leur disparition a permis à la mousson ouest-africaine de remonter plus au nord, apportant des pluies plus abondantes sur le Sahel.
Cependant, ces pluies torrentielles peuvent aussi causer des inondations dévastatrices, comme celles de 2024 qui ont touché plus de 2,5 millions de personnes en Afrique de l’Ouest.
Projets humains et nature
Plusieurs initiatives humaines et naturelles contribuent à cette remontée des nappes phréatiques.
La Grande Muraille verte, un projet d’aménagement des sols visant initialement à lutter contre l’avancée du désert, favorise l’infiltration de l’eau dans le sol.
De même, des techniques traditionnelles de collecte des eaux, comme des structures locales, aident à recharger les réserves souterraines.
Par ailleurs, des facteurs indirects jouent un rôle : l’émergence de groupes terroristes comme Boko Haram a vidé certaines zones de leur population, réduisant ainsi la pression sur les ressources en eau pour l’agriculture.
Enfin, le déclin de grands projets d’irrigation, construits pendant les périodes de sécheresse pour soutenir la production alimentaire, a également permis aux nappes de se reconstituer naturellement.
Risques et défis persistants
Malgré ces signes encourageants, le Sahel reste confronté à des défis majeurs.
Les moussons renforcées par le changement climatique peuvent provoquer des inondations catastrophiques, comme celles de 2024 qui ont touché plus de 2,5 millions de personnes.
Les infrastructures locales, souvent peu adaptées, ne permettent pas de gérer ces flux d’eau soudains, aggravant les risques pour les populations.
De plus, cette transition vers une ère plus humide n’est pas uniforme : certaines zones pourraient continuer à souffrir de pénuries, tandis que d’autres subiraient des excès d’eau.
Les experts soulignent donc la nécessité de renforcer les systèmes de gestion de l’eau et de prévention des catastrophes pour tirer pleinement profit de cette évolution.
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