Dans une Grèce qui brûle, le gouvernement accusé d’être “plus dangereux que le feu”
Alors que plusieurs incendies touchent simultanément le pays, notamment aux abords d’Athènes, le gouvernement conservateur de Kyriákos Mitsotákis est fortement critiqué pour son manque de préparation. Devant les importants investissements réalisés ces dernières années pour lutter contre les flammes, la presse grecque fustige un grand gâchis..
Depuis le début du mois d'août 2026, la Grèce fait face à une série d'incendies dévastateurs touchant simultanément plusieurs régions. Les zones les plus touchées sont l'Attique, où se situe Athènes, ainsi que la Béotie, la Crète, le Péloponnèse et les îles de Paros et de Céphalonie. En une semaine seulement, cinq pompiers ont perdu la vie en combattant ces feux. Ces incendies surviennent dans un contexte de canicule et de sécheresse prolongée, aggravant la propagation des flammes. Au total, plus de 30 000 hectares de forêt et de terres ont déjà été ravagés depuis le début de l'année 2026, dont 13 000 hectares près d'Athènes en quelques jours. Ces chiffres illustrent l'ampleur de la crise environnementale et humaine que traverse le pays.
Le gouvernement grec dirigé par le Premier ministre Kyriákos Mitsotákis, en fonction depuis 2019, est fortement critiqué par la presse locale pour sa gestion de la crise des incendies. Plusieurs médias grecs, comme le quotidien de centre gauche Efsyn, ont titré que le gouvernement était "plus dangereux que le feu", soulignant son incapacité à renforcer efficacement les services de lutte contre les incendies. Les critiques pointent notamment un "gâchis" malgré les importants investissements réalisés ces dernières années pour moderniser les moyens de prévention et d'intervention. Le gouvernement avait pourtant bénéficié d'opportunités financières, notamment grâce au fonds de relance européen de 2020, destiné à soutenir les pays après la pandémie de Covid-19, pour moderniser le pays et ses infrastructures.
Les médias grecs reprochent au gouvernement d'avoir gaspillé sept années de préparation, alors que des solutions techniques et organisationnelles existaient pour mieux lutter contre les incendies. Par exemple, le site News247 rappelle que le gouvernement aurait pu utiliser les fonds européens pour jeter les bases d'une "Grèce 2.0", c'est-à-dire une refonte des infrastructures et des services publics, y compris ceux dédiés à la protection civile. Au lieu de cela, les critiques soulignent que les moyens alloués n'ont pas été suffisants ou mal utilisés, laissant les pompiers sous-équipés face à l'ampleur des feux. Cette situation a conduit à des pertes humaines et matérielles évitables, selon les observateurs.
Le gouvernement de Kyriákos Mitsotákis est un gouvernement conservateur, au pouvoir depuis 2019. Il a été élu sur la promesse de moderniser la Grèce après une décennie de crise économique (2008-2017), marquée par des plans d'austérité et des difficultés financières. En 2020, l'Union européenne a mis en place un fonds de relance européen de plusieurs milliards d'euros pour aider les États membres à se relever après la pandémie de Covid-19. Ce fonds était une opportunité pour la Grèce de réinvestir dans ses infrastructures, y compris dans la protection contre les risques naturels comme les incendies. Cependant, les médias grecs estiment que ces fonds n'ont pas été utilisés de manière optimale pour renforcer les services de secours.
La crise des incendies en Grèce a provoqué une vague de colère dans la population et parmi les professionnels de la lutte contre les incendies. Les pompiers, déjà en première ligne, sont particulièrement touchés par ces événements, avec cinq morts en une semaine. La presse grecque, comme le quotidien *Efsyn*, dénonce un *"manque de vision à long terme"* et une gestion *"au jour le jour"* des crises, sans anticipation des risques climatiques croissants. Cette situation met en lumière les défis auxquels la Grèce doit faire face, notamment l'adaptation au *changement climatique*, qui aggrave la fréquence et l'intensité des incendies dans le pays méditerranéen.

