L’armée russe a conquis 770 km² de territoire ukrainien au premier semestre, soit 2,5 fois moins qu’en 2025
Les chiffres de la progression russe en juin sont largement en deçà des objectifs du Kremlin. L’article L’armée russe a conquis 770 km² de territoire ukrainien au premier semestre, soit 2,5 fois moins qu’en 2025 est apparu en premier sur Le Grand Continent.
Résumé
Progression russe au 1er semestre
Au premier semestre 2026, l’armée russe a conquis 770 km² de territoire ukrainien, selon les analystes ukrainiens du groupe Deep State.
Ce chiffre est 2,5 fois inférieur à celui enregistré sur la même période en 2025, où 1 830 km² avaient été occupés.
La progression actuelle est donc similaire à celle de 2024, où 750 km² avaient été gagnés.
En juin 2026, l’avancée russe s’est accélérée par rapport à mai, passant de 14 km² à 84 km², soit une moyenne de 2,8 km² par jour.
Ces données contrastent avec les objectifs fixés par le Kremlin, qui visait notamment la capture totale de l’oblast de Donetsk (une région ukrainienne) en 15 tentatives depuis 2022, toutes échouées à ce jour.
L’oblast est une division administrative territoriale en Ukraine, comparable à un département en France.
Malgré cette progression, les gains restent modestes et bien en dessous des ambitions russes.
Zones de progression russe
Les forces russes ont principalement avancé dans trois secteurs clés du nord de l’oblast de Donetsk : Ray-Oleksandrivka, Mykolyivka et Kryva Luka, en direction de la ville de Sloviansk.
Ces zones sont stratégiques car elles se trouvent sur la route menant à des villes importantes comme Sloviansk, un carrefour logistique et militaire.
La semaine dernière, l’armée russe a également remporté des gains autour de Kostiantynivka, une ville considérée comme un point clé dans la région.
Elle a notamment pris le contrôle du village d’Illinivka et progressé vers les localités d’Ivanopillia et de Novodmytrivka, situées au sud et à l’est de Kostiantynivka.
Ces avancées, bien que limitées, montrent une stratégie de progression méthodique, mais lente, dans des zones où le terrain est disputé depuis des années.
Défis ukrainiens et russes
Deux dynamiques opposées se dessinent actuellement sur le front.
D’un côté, l’Ukraine parvient à frapper plus profondément et avec une plus grande intensité grâce à l’utilisation massive de drones, une technologie qui lui permet de cibler des infrastructures et des positions russes à l’intérieur même du territoire russe.
Par exemple, des frappes de drones ont été menées sur Moscou, la capitale russe, ce qui a poussé le pouvoir russe à durcir son discours et à renforcer ses mesures de défense anti-drones.
De l’autre, malgré ces attaques et un coût humain et matériel très élevé, l’armée russe continue d’avancer lentement sur le terrain, remettant en question la capacité de l’Ukraine à inverser la tendance et à reprendre les territoires perdus.
Ces frappes ukrainiennes, bien que symboliques, n’ont pas encore suffi à stopper l’avancée russe.
Pressions internes en Russie
Les frappes ukrainiennes en profondeur, notamment sur Moscou, ont exacerbé les tensions internes en Russie.
Des nationalistes russes, relayés sur des plateformes comme Telegram, appellent désormais le président Vladimir Poutine à abandonner les négociations avec l’Ukraine, déjà au point mort, et à intensifier la guerre.
Leurs revendications incluent des bombardements massifs des grandes villes ukrainiennes et une mobilisation générale de la population, c’est-à-dire l’appel sous les drapeaux de tous les hommes en âge de combattre.
Cette pression s’exerce alors que le Kremlin envisage une nouvelle vague de mobilisation, très impopulaire, qui pourrait être annoncée en octobre 2026, après les élections législatives de septembre.
La diminution du nombre de volontaires prêts à s’engager dans l’armée russe rend cette mesure nécessaire, mais risquée politiquement.
Contexte stratégique et enjeux
Les données publiées par Deep State et les déclarations de la présidence ukrainienne révèlent une situation militaire complexe.
D’un côté, la Russie, malgré des progrès limités, maintient une pression constante sur le front, avec des gains territoriaux mesurables mais insuffisants pour atteindre ses objectifs stratégiques.
De l’autre, l’Ukraine, bien que capable de frapper en profondeur, peine à inverser la tendance sur le terrain.
Les appels à une escalade de la part des nationalistes russes pourraient pousser le Kremlin à adopter des mesures plus radicales, comme une mobilisation générale ou des bombardements massifs, ce qui risquerait d’aggraver encore le conflit.
Ces dynamiques soulignent l’impasse dans laquelle se trouve la guerre, avec des pertes humaines et matérielles élevées des deux côtés, et aucun signe clair de résolution à court terme.
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