Abandonné depuis des siècles, un égout romain révèle la tombe de deux bébés nés prématurément à 33 semaines il y a 1 300 ans
Ils mesuraient à peine 43 centimètres et n'avaient pas atteint le terme. Pourtant, leur sépulture dans les ruines du temple d'Artémis portait tous les signes d'un rituel funéraire chrétien soigné.
Résumé
Découverte archéologique majeure
Des archéologues ont mis au jour une tombe exceptionnelle dans les égouts d’une ancienne ville romaine, abandonnée depuis des siècles.
Cette découverte inattendue révèle la sépulture de deux bébés nés prématurément il y a environ 1 300 ans, soit vers l’an 720 de notre ère.
Les fouilles, menées dans un réseau souterrain romain, ont permis de localiser ces restes humains dans un état de conservation remarquable.
Cette tombe, située dans une région d’Italie, apporte un éclairage nouveau sur les pratiques funéraires et les conditions de vie des populations de l’époque médiévale, alors que l’Empire romain d’Occident avait déjà disparu depuis plusieurs siècles.
Prématurité à 33 semaines
Les analyses anthropologiques réalisées sur les squelettes des deux bébés ont révélé qu’ils étaient nés à 33 semaines de gestation, une durée considérée comme prématurée à l’époque.
À cette époque, les soins médicaux modernes n’existaient pas, et la survie des prématurés était extrêmement rare.
Les chercheurs estiment que ces naissances précoces pourraient être liées à des carences nutritionnelles, des infections ou des conditions de vie difficiles pour les mères.
Cette découverte soulève des questions sur les pratiques obstétricales et les connaissances médicales des sociétés médiévales, qui reposaient alors sur des savoirs hérités de l’Antiquité ou transmis oralement.
Contexte historique romain
Les égouts où a été découverte la tombe faisaient partie d’un réseau d’assainissement romain, construit plusieurs siècles avant l’époque des sépultures.
Ces infrastructures, caractéristiques de la civilisation romaine, étaient conçues pour évacuer les eaux usées et les déchets des villes.
Leur abandon progressif après la chute de l’Empire romain d’Occident, vers le Ve siècle, a conduit à leur oubli pendant des siècles.
La redécouverte de ces vestiges souterrains offre une opportunité unique d’étudier l’évolution des villes européennes après la fin de l’Antiquité, ainsi que les adaptations des populations locales à leur environnement.
Méthodes d'analyse scientifique
Pour dater les sépultures et déterminer l’âge gestationnel des bébés, les chercheurs ont utilisé des techniques d’anthropologie biologique et de datation par carbone 14.
Cette méthode, basée sur la mesure de la désintégration radioactive du carbone 14 présent dans les ossements, permet d’estimer l’âge des restes humains avec une marge d’erreur de quelques décennies.
Les analyses des os ont également révélé des traces de croissance osseuse incomplète, confirmant leur prématurité.
Ces travaux ont été réalisés par une équipe internationale d’archéologues et de paléoanthropologues, en collaboration avec des laboratoires spécialisés dans l’étude des vestiges humains anciens.
Implications culturelles et sociales
La présence de ces sépultures dans un égout romain, un lieu généralement associé à des déchets et non à des lieux de sépulture, interroge les chercheurs.
Dans la société médiévale, les pratiques funéraires étaient souvent liées à des croyances religieuses ou à des normes sociales strictes.
L’inhumation de ces bébés dans un espace aussi inhabituel pourrait suggérer une forme de marginalisation, ou au contraire, une volonté de les protéger des éléments ou des animaux.
Cette découverte invite à reconsidérer les représentations que l’on se fait des sociétés post-romaines, souvent perçues comme uniformes, alors qu’elles étaient en réalité diversifiées et complexes.
Commentaires (0)
Connecte-toi pour commenter
Se connecterAucun commentaire pour le moment.
Découvre plus de contenu sur Napseflow


