En visite au Liban, le chef des droits de l'homme de l'ONU réclame justice pour les victimes du conflit
Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a appelé lundi à rendre justice aux victimes des violences au Liban, dénonçant des violations à grande échelle du droit international humanitaire qui pourraient constituer des crimes de guerre.
Résumé
Visite officielle du Liban
Volker Türk, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, s'est rendu au Liban pour une visite officielle le 27 juillet 2026.
Ce déplacement fait suite à une précédente visite il y a un an et demi, alors que le pays faisait face à une succession de crises majeures : blocage politique, effondrement économique, pandémie de Covid-19, explosion du port de Beyrouth en 2020 et conflit armé.
Lors de cette première visite, l'arrivée d'un nouveau président et d'un nouveau gouvernement avait suscité un espoir de réformes.
Cependant, la situation s'est dégradée depuis, notamment en raison de tensions régionales impliquant les États-Unis, Israël et l'Iran, qui ont provoqué une nouvelle escalade entre Israël et le Hezbollah, un mouvement libanais allié de l'Iran.
Bilan humain du conflit
Depuis le début du conflit le 2 mars 2026, plus de 4 300 personnes ont été tuées et 12 200 blessées au Liban, selon les autorités locales.
Parmi les victimes figurent plus de 135 personnels de santé et de nombreux journalistes.
Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) souligne que les frappes aériennes israéliennes, les bombardements et l'utilisation d'armes explosives dans des zones densément peuplées ont causé d'importantes pertes civiles, des destructions massives et des déplacements à grande échelle.
De plus, les tirs de roquettes du Hezbollah contre des zones habitées en Israël ont également fait des victimes civiles et endommagé des infrastructures.
Crimes de guerre présumés
Volker Türk a déclaré que son bureau a recensé des violations à grande échelle du droit international humanitaire, dont certaines pourraient constituer des crimes de guerre.
Il a également évoqué la possibilité que ces actes relèvent de crimes internationaux.
Parmi les pratiques préoccupantes figurent l'occupation persistante de territoires du sud du Liban par les forces israéliennes et l'ampleur des déplacements forcés, qui pourraient aussi relever de crimes internationaux.
Une mission d'évaluation indépendante et impartiale, annoncée en juin 2026 avec l'accord du gouvernement libanais, est désormais déployée sur le terrain pour recueillir des informations et des preuves sur les violations présumées des droits humains et du droit international humanitaire commises depuis le 2 mars 2026 par toutes les parties au conflit.
Destructions massives au Liban
Lors de sa visite, Volker Türk s'est rendu dans une école transformée en centre d'hébergement accueillant environ 1 000 déplacés.
Beaucoup d'entre eux en étaient à leur deuxième ou troisième déplacement, certains ayant tenté de regagner leur village avant de découvrir qu'il avait été détruit.
Le Haut-Commissaire a indiqué avoir entendu des témoignages décrivant des villages entiers situés au sud du fleuve Litani réduits en ruines ou rendus inhabitables.
Les destructions concernent des habitations, des écoles, des établissements de santé, des réseaux d'eau et d'électricité, des lieux de culte et des terres agricoles.
À l'approche de l'expiration du mandat de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL), prévue en 2026, il s'est inquiété des conséquences pour la protection des civils dans le sud du pays.
Réformes et justice attendue
Volker Türk a insisté sur la nécessité de poursuivre les réformes au Liban, notamment en faveur de l'indépendance de la justice, de l'amélioration des conditions de détention et de la protection des groupes marginalisés, comme les réfugiés, les migrants, les personnes LGBTIQ+ et les personnes handicapées.
Il a salué le projet de loi visant à abolir la peine de mort, appelant le Parlement à l'adopter rapidement.
Selon lui, le Liban deviendrait ainsi le premier pays de la région à supprimer totalement ce châtiment.
À quelques jours du sixième anniversaire de l'explosion du port de Beyrouth, il a rappelé que les familles des victimes attendent toujours que justice soit rendue.
Il a conclu en soulignant que la reconstruction ne se limite pas aux infrastructures, mais doit aussi inclure la reconstruction du contrat social pour que toutes les communautés du Liban vivent dans la dignité.
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