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Économie

Pro-nationalisations, pro-Israël ? Qui est vraiment Andy Burnham ?

LVSL · mis à jour 23 juin

Confronté à une impopularité record, Keir Starmer, tenant d’une ligne blairiste autoritaire, a annoncé sa démission du poste de Premier ministre britannique. Les députés travaillistes, qui détiennent une majorité à Westminster, ont déjà choisi son successeur : Andy Burnham, jusqu’à récemment maire du Grand Manchester et figure de la gauche modérée.

Nouveau Premier ministre

Andy Burnham, surnommé le « roi du Nord », devrait devenir le prochain Premier ministre britannique après la démission de Keir Starmer, impopulaire. Il a remporté l’élection partielle de Makerfield avec 54,8 % des voix, contre 34,5 % pour son adversaire d’extrême droite. Pour devenir Premier ministre, il devait d’abord retrouver un siège au Parlement, car les statuts du Parti travailliste l’exigent. Burnham a occupé des postes ministériels sous Tony Blair et Gordon Brown entre 2005 et 2010, ainsi que dans les gouvernements fantômes d’Ed Miliband et Jeremy Corbyn. Son élection suscite des questions sur son orientation politique réelle et son héritage blairiste.

Parcours politique contrasté

Burnham a marqué son passage au ministère de la Culture en 2009 en soutenant une deuxième enquête sur la catastrophe de Hillsborough, où 97 personnes étaient mortes dans une bousculade. En 2016, alors ministre de l’Intérieur fantôme sous Corbyn, il a critiqué la stratégie Prevent, accusée d’être islamophobe, la qualifiant d’« équivalent moderne de l’internement en Irlande du Nord ». Il a aussi dénoncé la police du South Yorkshire comme « pourrie jusqu’à la moelle » après la conclusion d’une enquête judiciaire. Ces prises de position lui ont valu une grande popularité dans le Nord de l’Angleterre, où il a été élu maire du Grand Manchester en 2017, puis réélu deux fois avec plus de 60 % des voix.

Mesures populaires au Nord

En tant que maire, Burnham a mis en place des mesures comme le plafonnement à 2 £ du prix des tickets de bus et la création du Bee Network, un réseau de transport public intégré. Pendant la pandémie, il a critiqué le gouvernement de Boris Johnson pour son manque de soutien au Nord, obtenant des financements supplémentaires. Cependant, sa promesse de mettre fin au sans-abrisme d’ici 2020 n’a pas été tenue, avec une hausse du nombre de sans-abri pendant quatre années consécutives. Il se présente comme un défenseur du Nord face à Londres, mais son bilan reste mitigé sur certains sujets sociaux.

Position économique et social

Burnham propose de mettre fin aux 40 ans de politique économique de ruissellement (théorie selon laquelle les richesses des plus riches finissent par profiter aux plus pauvres) et de revenir à des nationalisations dans les secteurs de l’eau et de l’énergie. Il critique l’austérité et la dérégulation, mais son respect des règles budgétaires du Parti travailliste pourrait limiter ses ambitions. Il s’est aussi prononcé pour une ouverture sur les forages pétroliers et gaziers en mer du Nord, en désaccord avec Ed Miliband, qui prône une transition vers le zéro émission nette. Ces positions montrent une approche pragmatique, voire contradictoire, sur les questions économiques.

Politique migratoire controversée

Burnham a soutenu des réformes migratoires strictes, comme la suppression du statut de réfugié permanent, ce qui a suscité des critiques de la part de figures de gauche comme Diane Abbott. Il a aussi proposé d’étendre l’utilisation des centres de rétention pour immigrés, une mesure coûteuse et controversée. Ces prises de position répondent aux attaques de l’extrême droite, qui l’accusait d’être favorable à des frontières ouvertes. Cependant, elles éloignent Burnham des positions plus progressistes de l’aile gauche du Parti travailliste, comme Jeremy Corbyn.

Position sur Israël et Gaza

Burnham a appelé à un cessez-le-feu à Gaza en octobre 2023, mais en juin 2026, il a refusé de qualifier les opérations israéliennes de génocide, bien que l’Association internationale des spécialistes du génocide l’ait fait. Il a exprimé des préoccupations sur les destructions disproportionnées et demandé une enquête approfondie, sans évoquer la responsabilité du Royaume-Uni. Il est membre des Labour Friends of Israel depuis 2015 et a qualifié la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) de « malveillante ». En 2003, il avait voté en faveur de la guerre en Irak, une décision qu’il n’a jamais remise en cause.

Soutiens et critiques

Burnham est soutenu par des figures comme Ed Miliband, qui pourrait devenir son chancelier de l’Échiquier (ministre de l’Économie). Cependant, ses conseillers incluent Josh Simons, lié à un scandale d’espionnage contre des journalistes par le think tank Labour Together. Burnham a aussi proposé à Shabana Mahmood, ministre de l’Intérieur, un poste de chancelière, alors qu’elle prône un système pénal basé sur l’IA, inspiré du film Minority Report. Ces choix montrent une alliance avec des courants plus centristes ou sécuritaires, loin des attentes de la gauche radicale.

Ce que ça pourrait changer

Burnham tente de se différencier de Keir Starmer en promettant moins de divisions et en réintégrant certains membres exclus comme Faiza Shaheen et Jamie Driscoll, mais refuse de faire de même pour Jeremy Corbyn. Malgré ses positions sur Gaza et les nationalisations, son bilan passé sous Blair et Brown, ainsi que ses choix récents en matière migratoire et sécuritaire, alimentent les doutes sur sa capacité à incarner un vrai changement. Les électeurs progressistes, déçus par Starmer, pourraient ne pas lui accorder leur confiance s’il ne prouve pas une rupture claire avec les politiques précédentes.

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