NapseflowNapseflow
Article externe

Et si vos amis d'enfance avaient plus influencé votre vie amoureuse que vos parents?

Laura Perren· 1 août 2026

Une nouvelle étude nuance l'un des piliers de la théorie de l'attachement en montrant que les premières amitiés pourraient laisser une empreinte plus durable sur nos relations de couple.

Résumé

1

Théorie de l'attachement

La théorie de l'attachement, popularisée dans les années 2010, explique les mécanismes émotionnels des relations amoureuses à l'âge adulte.

Elle distingue trois principaux types d'attachement : sécure, anxieux et évitant.

Ces types décrivent comment une personne cherche la proximité, gère l'intimité ou évite les liens profonds.

Le neuroscientifique Amir Levine, auteur du best-seller Attached (2010) vendu à plus de 3 millions d'exemplaires, souligne que ces schémas ne sont pas figés et évoluent avec les expériences de vie.

Contrairement à une idée reçue, ces comportements ne relèvent pas d'un destin inéluctable, mais peuvent se transformer selon les relations et les contextes.

Levine précise que ces schémas sont constamment mis à jour en fonction des interactions sociales et des expériences vécues.

2

Origines des schémas relationnels

Une étude dirigée par Keely Dugan, professeure de psychologie à l'université du Missouri à Columbia, révèle que les premières relations avec les parents et les amis d'enfance laissent une empreinte durable sur les comportements amoureux futurs.

Selon ces travaux, les amitiés précoces pourraient avoir une influence plus marquée que les expériences vécues avec les parents.

Cependant, l'attachement n'est pas déterminé une fois pour toutes : il se façonne tout au long de la vie.

Les partenaires peuvent renforcer ou éroder le sentiment de sécurité selon leurs comportements.

Par exemple, des expériences de trahison ou de maltraitance peuvent affaiblir ce sentiment, tandis qu'une relation stable et prévisible peut le renforcer.

Le cerveau, décrit comme un système de réévaluation sociale, ajuste en permanence le sentiment de sécurité en fonction des interactions quotidiennes.

3

Idées reçues sur l'attachement

Amir Levine constate que la théorie de l'attachement est souvent simplifiée ou déformée dans le débat public, notamment sur les réseaux sociaux comme TikTok, où des termes comme anxieux, évitant ou sécure sont utilisés comme des raccourcis pour expliquer les relations amoureuses.

Levine souligne que ces concepts ne doivent pas être réduits à des étiquettes figées.

Il rappelle que les relations amoureuses ne dépendent pas uniquement des types d'attachement, mais aussi des expériences vécues à l'âge adulte.

Par exemple, une personne avec un attachement anxieux peut tout de même construire une relation stable si son partenaire adopte des comportements rassurants.

Levine insiste sur l'importance de nuancer ces théories pour éviter les généralisations abusives.

4

Le modèle CARRP pour des relations épanouies

Pour développer un sentiment de sécurité dans une relation, Amir Levine propose un modèle appelé CARRP, un acronyme anglais désignant cinq qualités à cultiver : consistent (cohérent), available (disponible), responsive (réactif), reliable (fiable) et predictable (prévisible).

Selon lui, il est essentiel de rechercher des partenaires qui incarnent ces traits et d'adopter soi-même ces comportements.

Ces qualités favorisent la confiance et la stabilité dans le couple.

Levine souligne que ces changements ne relèvent pas uniquement de la volonté, mais aussi de la plasticité du cerveau, qui permet de remodeler certains circuits neuronaux liés à la peur ou à la confiance.

Avec le temps, ces nouveaux comportements peuvent transformer la structure cérébrale et renforcer le sentiment de sécurité.

5

Plasticité cérébrale et évolution

Les recherches en neurosciences montrent que le cerveau adulte conserve une capacité de plasticité, c'est-à-dire une aptitude à se remodeler en fonction des expériences.

Amir Levine explique que des comportements répétés et des expériences positives peuvent modifier les circuits neuronaux liés à la peur ou à la confiance.

Par exemple, une personne habituée à des relations instables peut, avec le temps, développer un sentiment de sécurité si elle est exposée à des interactions prévisibles et rassurantes.

Levine conclut que ces changements ne sont pas uniquement émotionnels, mais aussi biologiques : Si vous créez des relations plus sécures, même la structure de notre cerveau peut changer.

Cette idée ouvre la voie à des stratégies concrètes pour améliorer la qualité des relations amoureuses, en agissant à la fois sur les comportements et sur le cerveau.

Commentaires (0)

Connecte-toi pour commenter

Se connecter

Aucun commentaire pour le moment.

Découvre plus de contenu sur Napseflow