« Si l’élection avait lieu dimanche prochain… » : une méthodologie contestable au cœur des sondages
L’ESSENTIEL La question la plus utilisée dans les sondages électoraux pose un sérieux problème méthodologique. Elle pousse notamment les électeurs à répondre dans une immédiateté artificielle, elle force une prise de position dénaturée et ignore l’absence d’opinion. Ce type de sondage produit des d…
Résumé
Question des sondages
Les sondages électoraux utilisent presque systématiquement une question contrefactuelle pour mesurer les intentions de vote, formulée ainsi : «Si le premier tour de l’élection présidentielle avait lieu dimanche prochain, pour lequel des candidats suivants y aurait-il le plus de chances que vous votiez?».
Cette approche repose sur une expérience de pensée contrefactuelle, c’est-à-dire une hypothèse explicitement contraire aux faits, car l’élection n’a pas lieu le dimanche suivant.
Cette méthode impose un forçage temporel en demandant aux électeurs de se projeter dans une urgence artificielle, court-circuitant le temps normal de délibération et de campagne.
Elle impose aussi un forçage de l’offre politique en proposant une liste fermée de candidats, alors que les candidatures officielles ne sont validées que quelques semaines avant le scrutin.
Cette pratique, bien que présentée comme une simple commodité, biaise les résultats en simulant des comportements qui n’existent pas encore.
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