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Article externe

Que font les jeunes sur les réseaux sociaux

Claire Balleys· 2 août 2026

Avant de prétendre interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, sans doute convient-il de prendre la mesure des pratiques qu'ils en ont, développant de nouvelles formes d’expression, d’émancipation et de construction collective du sens. Ne trouvant, en effet, pas toujours une représentation s…

Résumé

1

Rôle des réseaux sociaux

Les adolescents utilisent les réseaux sociaux comme un espace d’expression et d’émancipation.

Selon Claire Balleys, sociologue et professeure à l’Université de Genève, ces plateformes leur permettent de reprendre le contrôle sur la façon dont ils sont représentés.

Les jeunes y développent de nouvelles formes de communication et de construction collective du sens, car les récits traditionnels (livres, médias) ne reflètent pas toujours leurs réalités.

L’auteure souligne que ces pratiques numériques répondent à un besoin de visibilité et d’autodétermination, notamment face à des représentations adultes jugées inadéquates ou limitées.

2

Évolution des récits pour enfants

L’article mentionne une évolution des contenus médiatiques destinés aux enfants, illustrée par l’exemple du magazine J’aime Lire, créé en 1977.

Depuis sa création, ce magazine a adapté ses histoires pour refléter des changements sociétaux, comme l’élimination des châtiments corporels des récits (587 histoires publiées à ce jour).

Les rôles de genre se sont diversifiés, et les émotions ou actions des personnages sont devenues plus variées.

Cependant, Delphine Saulière, directrice des rédactions Bayard Jeunesse, note un déclin des romans d’anticipation dans les années 2020, car l’avenir est perçu comme trop anxiogène pour être proposé aux enfants.

3

Crise de l’imaginaire futur

Delphine Saulière observe que les enfants des années 2020 ne trouvent plus dans les médias traditionnels de récits capables de les inspirer pour leur futur.

Les histoires dramatiques ou prospectives, autrefois populaires, sont désormais rares.

Cette absence de récits positifs ou mobilisateurs concernant l’avenir soulève une question : qui prend en charge la construction de l’imaginaire culturel des jeunes ?

L’auteure propose d’explorer cette problématique à travers l’étude des usages adolescents des réseaux sociaux, en s’appuyant sur ses recherches en socio-anthropologie des cultures numériques.

4

Contexte historique des médias

Dans les années 1990, les contenus médiatiques consommés par les adolescents étaient entièrement produits par des adultes.

Ces contenus reflétaient donc les représentations, les attentes et les normes des générations précédentes.

Claire Balleys souligne que cette situation a évolué avec l’avènement des réseaux sociaux, où les jeunes deviennent eux-mêmes créateurs de contenus.

Ce changement de paradigme permet aux adolescents de s’affranchir des récits imposés et de façonner leurs propres narratives, en phase avec leurs expériences et leurs aspirations.

5

Recherche et cadre académique

L’analyse proposée par Claire Balleys s’appuie sur ses travaux de recherche en socialisation juvénile et sur un cours de socio-anthropologie des cultures numériques dispensé à l’Université de Genève.

Ces travaux, menés dans le cadre du Master Communication et cultures numériques (Medialab, Faculté des sciences de la société), visent à comprendre comment les adolescents s’approprient les réseaux sociaux pour construire leur identité et interagir avec le monde.

L’auteure souligne l’importance d’étudier ces pratiques pour saisir les dynamiques contemporaines de la jeunesse.

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