« Il est temps de privilégier la diplomatie plutôt que l’escalade », insiste Guterres
Le Secrétaire général de l’ONU appelle à privilégier la diplomatie face à l’escalade au Moyen-Orient, tout en mettant en garde contre un affaiblissement du droit international aux lourdes conséquences pour les civils..
António Guterres, Secrétaire général des Nations Unies, a lancé un avertissement solennel le 14 avril 2026 lors d’un point presse à New York. Il a souligné que le droit international est aujourd’hui systématiquement ignoré dans des régions comme le Moyen-Orient, où les civils subissent des souffrances « intolérables ». Guterres a dénoncé une justice qui semble « aveugle », car trop d’acteurs ferment les yeux sur les violations des règles internationales. Il a insisté sur le fait que le respect du droit international est « piétiné », notamment dans les conflits armés, et que cette situation engendre chaos, destructions et souffrances accrues. Pour lui, cette érosion des règles n’est pas une fatalité, mais exige une réaction immédiate pour réaffirmer leur importance.
António Guterres a annoncé qu’il se rendrait à La Haye pour célébrer les 80 ans de la Cour internationale de Justice (CIJ), l’organe judiciaire principal de l’ONU. Cette institution, souvent appelée CIJ, est chargée de régler les différends entre États et d’interpréter le droit international. Guterres a rappelé que la CIJ est un « pilier de l’ordre juridique international », garantissant que les règles s’appliquent à tous les États, sans exception. Dans un contexte de tensions géopolitiques accrues, il a souligné que le droit international n’est pas une option, mais une nécessité pour éviter l’anarchie. Sa visite vise à rappeler que ces règles, bien que parfois contestées, restent indispensables pour maintenir la stabilité mondiale.
Le Moyen-Orient illustre selon Guterres l’érosion du droit international, où les conflits armés et les violations des règles humanitaires sont particulièrement flagrantes. Il a affirmé qu’il n’existe « pas de solution militaire » à cette crise et a appelé à la reprise de « négociations sérieuses » pour préserver le cessez-le-feu en place. Guterres a aussi mis en garde contre les risques d’escalade, notamment dans des zones stratégiques comme le détroit d’Ormuz, où le respect des droits de navigation internationaux est crucial. Concernant les tensions entre les États-Unis et l’Iran, il a jugé « essentiel » que les discussions se poursuivent, tout en reconnaissant leur complexité. Il a évoqué une aide humanitaire de 12 millions de dollars allouée par le Fonds central d’intervention d’urgence (CERF) pour soutenir les populations iraniennes en situation de crise.
Guterres a abordé la situation au Liban, où les tensions entre Israël et le *Hezbollah*, un groupe armé libanais, alimentent une dynamique de déstabilisation. Il a expliqué que chaque action de l’un sert de prétexte à l’autre, créant un cycle de violence qui affaiblit le gouvernement libanais. Selon lui, cette spirale est le résultat d’une « conjugaison négative » entre les actions du Hezbollah et d’Israël, qui se renforcent mutuellement. Guterres a plaidé pour une approche différente, où Israël et le Liban collaboreraient pour briser ce cycle et éviter que le Liban ne devienne la victime de cette escalade. Il a conclu en réaffirmant l’urgence de renouveler l’engagement en faveur du droit international dans la région.

