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Guerre en Ukraine: des semaines après les frappes ukrainiennes, les raffineries russes sont toujours hors service

Lola Buscemi· 31 juillet 2026

Depuis plusieurs mois, l'Ukraine cible les maillons les plus fragiles de l'industrie pétrolière russe. Des frappes de précision pleuvent contre les raffineries du pays. Réparer ses infrastructures prendra du temps.

Résumé

1

Changement de cible ukrainienne

Depuis le début de la guerre en Ukraine, Kiev ciblait principalement les dépôts de carburant et les infrastructures militaires russes.

Cependant, depuis quelques mois, l’Ukraine a adopté une nouvelle stratégie en concentrant ses attaques sur les raffineries de pétrole, des installations bien plus complexes et stratégiques.

Ces raffineries transforment le pétrole brut en carburants utilisables comme l’essence, le gazole ou le kérosène.

Par exemple, la raffinerie de Tuapse, sur la mer Noire, était la plus puissante de Russie en 2013 lors de sa visite par Vladimir Poutine.

Treize ans plus tard, elle fait partie des sites les plus endommagés par les frappes ukrainiennes récentes, illustrant l’évolution des objectifs militaires ukrainiens.

2

Dégâts majeurs et durables

Les frappes ukrainiennes, menées principalement avec des drones à longue portée depuis le printemps 2026, ont causé des dégâts bien plus importants que de simples incendies.

Les images satellites révèlent la destruction de nombreux réservoirs de stockage, représentant entre 30 % et 45 % des capacités totales de raffinage russes.

Ces attaques ont également endommagé des installations industrielles essentielles, comme les unités de traitement secondaire qui transforment les fractions lourdes du pétrole en carburants, ou les unités de dessalage, indispensables pour éliminer l’eau et les sels du pétrole brut avant son raffinage.

Ces équipements, une fois détruits, nécessitent des mois de travaux pour être remplacés, d’autant que les sanctions internationales compliquent l’approvisionnement en pièces de rechange.

3

Crise pétrolière en Russie

Selon le Financial Times, les frappes ukrainiennes ont provoqué la plus grave crise de carburants en Russie depuis la chute de l’Union soviétique.

Cette situation s’explique par l’arrêt partiel des raffineries, qui sont des infrastructures coûteuses et difficiles à réparer.

Par exemple, près de Moscou, un réservoir de stockage endommagé lors d’une frappe au printemps 2026 montre encore des traces d’explosion plus d’un mois après l’attaque, tandis que d’autres équipements comme des stations de pompage et des canalisations restent fortement dégradés.

Les données infrarouges confirment cette paralysie : certaines installations frappées ne présentent plus aucune signature thermique, signe que leur activité n’a pas repris.

4

Impact prolongé sur l'activité

L’activité des raffineries russes reste fortement perturbée même après leur remise en service.

Fabio Sabatini, chercheur à l’université Sapienza de Rome, a analysé la luminosité nocturne autour de vingt-neuf grandes raffineries russes entre juin 2022 et mai 2026.

Ses observations montrent qu’après une première frappe, la luminosité autour de ces sites chute de 30 % et reste réduite pendant plus de treize mois, signe d’une activité en berne.

Cette étude illustre l’impact durable des attaques ukrainiennes sur la production de carburants en Russie, malgré les efforts de Moscou pour renforcer la protection de ses infrastructures.

5

Difficultés de réparation

La remise en état des raffineries russes est un processus long et complexe, en raison de la destruction d’équipements critiques et de l’absence de pièces de rechange.

Les unités de distillation, par exemple, dégagent normalement une chaleur détectable par satellite, mais certaines installations frappées au printemps 2026 ne présentent plus cette signature thermique, confirmant leur inactivité.

Les sanctions internationales limitent également l’accès de la Russie à des technologies et des composants étrangers, ce qui prolonge les délais de réparation.

Malgré le renforcement des dispositifs de protection autour des raffineries, ces mesures semblent insuffisantes face aux tactiques ukrainiennes, qui ciblent des points névralgiques pour maximiser les dégâts.

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