Au Danemark, le risque de ne plus être soutenu sur la question du Groenland à force de critiquer l’Espagne
La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, qui a réclamé plus de fermeté de la part de l’Espagne dans son enclave de Ceuta, est accusée de céder à l’alarmisme. Attention à ne pas saper la solidarité européenne dont le royaume scandinave a absolument besoin face à la Russie ou à Donald Trump, avertissent certains..
En juillet 2026, l’enclave espagnole de Ceuta, située au nord du Maroc, a connu l’arrivée massive de dizaines de milliers de migrants en provenance du Maroc. Cette situation a provoqué un chaos et des tensions aux frontières extérieures de l’Union européenne (UE). Les migrants ont franchi la frontière terrestre ou maritime entre le Maroc et Ceuta, une ville espagnole située sur le continent africain mais appartenant à l’Espagne. Ceuta est l’une des deux enclaves espagnoles au Maroc, avec Melilla, et fait partie de l’espace Schengen, une zone de libre circulation entre 26 pays européens. La situation a mis en lumière les difficultés des États membres de l’UE à gérer les flux migratoires et à coordonner leurs réponses face à des crises aux frontières extérieures.
La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a adopté une position intransigeante sur cette crise migratoire. Elle a appelé l’Espagne à faire preuve de plus de fermeté pour contrôler les arrivées de migrants à Ceuta, évoquant la nécessité d’une réponse immédiate et ferme de la part des pays européens concernés. Frederiksen a également proposé, aux côtés de la Première ministre italienne Giorgia Meloni, de suspendre temporairement l’application des accords de Schengen pour l’Espagne. Ces accords permettent la libre circulation des personnes entre les pays membres de l’UE. Cependant, Frederiksen n’a pas franchi le pas d’une suspension effective, contrairement à l’Italie qui l’a déjà mise en œuvre dans certaines zones.
Au Danemark, la position de Mette Frederiksen est critiquée par une partie de la classe politique et des médias. Certains estiment qu’elle a cédé à l’alarmisme en adoptant une rhétorique trop dure sur la question migratoire. Le quotidien de gauche Information souligne que le Danemark est l’un des pays les plus intransigeants de l’UE sur ce sujet, une position qui pourrait, selon ses détracteurs, saper la solidarité européenne. En effet, le Danemark a besoin du soutien des autres États membres pour faire face à des défis géopolitiques majeurs, comme la menace russe ou les tensions avec des dirigeants comme Donald Trump, président des États-Unis en 2026.
Le Danemark, bien que membre de l’UE, n’est pas dans la zone euro et conserve une certaine distance vis-à-vis des institutions européennes. Pourtant, il dépend de la solidarité de ses partenaires pour des questions stratégiques, comme la défense collective au sein de l’OTAN ou la gestion des crises migratoires. En critiquant publiquement l’Espagne, Frederiksen risque de fragiliser cette solidarité, notamment sur des sujets où le Danemark a besoin du soutien des autres pays. Par exemple, le Groenland, territoire autonome danois, pourrait un jour revendiquer une plus grande indépendance, et le Danemark aurait alors besoin du soutien de l’UE pour négocier cette transition.
Le Parti populaire danois, un parti d’extrême droite, a poussé pour une réponse encore plus radicale que celle de Frederiksen. Il a demandé à l’UE de suspendre définitivement les accords de Schengen pour l’Espagne, une mesure que la Première ministre n’a pas soutenue. Cette divergence illustre les tensions au sein de la coalition gouvernementale danoise, où l’extrême droite exerce une influence croissante sur les politiques migratoires. Le parti, dirigé par Morten Messerschmidt, est connu pour ses positions anti-immigration et son opposition à l’intégration européenne.
En adoptant une posture trop agressive sur la question migratoire, le Danemark pourrait affaiblir sa position sur d’autres dossiers internationaux. Par exemple, en cas de crise future impliquant le Groenland, le Danemark aurait besoin du soutien de l’Espagne et des autres États membres de l’UE. Le Groenland, riche en ressources naturelles et stratégiquement situé, est un territoire autonome sous souveraineté danoise, mais son avenir politique reste incertain. Une perte de crédibilité du Danemark sur la scène européenne pourrait compliquer les négociations futures, notamment avec les États-Unis ou la Russie.

