The public isn’t bored with economists, management scholars and sociologists but engaging people has conditions
For years, we’ve been told a familiar story: social scientists such as economists, management scholars, sociologists, talk and the public shrugs. The claim goes that people don’t find our work interesting, that our expertise is fuzzy compared with “hard” sciences, and that journalists and readers w…
Résumé
Public écoute les experts
Contrairement à une idée reçue, le public est intéressé par les travaux des économistes, des sociologues et des chercheurs en gestion, selon une étude menée auprès de 1 080 adultes en France, avec des réplications au Royaume-Uni et en Espagne.
L’enquête révèle que les lecteurs accordent leur confiance aux chercheurs lorsqu’ils s’expriment dans leur domaine de spécialité.
Par exemple, un économiste qui traite de questions économiques ou un sociologue qui analyse des phénomènes sociaux sont perçus comme plus crédibles que des praticiens comme des chefs d’entreprise ou des consultants.
Cette préférence s’explique par la perception d’une expertise désintéressée, distincte des intérêts économiques ou politiques.
Les auteurs soulignent que cette crédibilité se traduit par un engagement concret, mesuré ici par la volonté de payer pour accéder à un article payant, un indicateur comportemental fort.
Trois obstacles à surmonter
L’étude identifie trois principaux freins à la communication des sciences sociales vers le grand public.
Le premier est un écart perçu d’expertise : les questions sociales étant souvent perçues comme relevant du bon sens, les sciences sociales sont parfois considérées comme moins rigoureuses que les sciences dures comme la physique ou la médecine.
Le deuxième obstacle est la méfiance envers la partialité : dans un contexte de polarisation et de remise en cause des faits (post-vérité), les chercheurs en sciences sociales sont parfois suspectés de prendre parti, ce qui réduit leur légitimité.
Enfin, le problème de la concurrence joue un rôle : les médias accordent souvent plus d’espace aux praticiens (PDG, consultants, politiques) qu’aux universitaires, car ces derniers sont perçus comme plus proches des réalités du terrain.
Ces obstacles, bien que non fondés sur des preuves, influencent la manière dont le public perçoit les chercheurs.
Crédibilité liée à la spécialisation
L’expérience menée avec des articles d’opinion payants montre que la crédibilité des chercheurs dépend fortement de leur domaine de spécialité.
Dans l’étude, les participants ont été exposés à des versions d’un même article où l’auteur était présenté soit comme un chercheur en sciences sociales, soit comme un praticien, avec des variations sur le sujet traité.
Les résultats indiquent que les lecteurs font davantage confiance à un économiste écrivant sur l’économie, à un sociologue analysant des inégalités sociales ou à un chercheur en gestion commentant la stratégie des entreprises.
En revanche, cette confiance s’effrite lorsque le chercheur sort de son domaine ou endosse un double rôle (chercheur et praticien), ce qui brouille son image d’expert indépendant.
Par exemple, un sociologue commentant la politique économique est perçu comme moins crédible qu’un économiste sur le même sujet.
Rôle des médias et des universités
Les médias jouent un rôle clé dans la diffusion des travaux des sciences sociales, car ils offrent une visibilité large et une vérification éditoriale qui renforce la confiance.
L’étude suggère que les universités devraient considérer la rédaction d’articles d’opinion et d’analyses comme une activité essentielle pour les chercheurs en sciences sociales, au même titre que la recherche ou l’enseignement.
Cependant, cette communication doit être encadrée : les chercheurs doivent s’exprimer dans leur domaine de spécialité et éviter de se présenter comme des praticiens, sauf si cela est explicitement utile au débat.
Pour les médias, l’enjeu est de mettre en avant l’adéquation entre l’expert et le sujet traité, en clarifiant dès l’introduction la discipline et les méthodes utilisées.
Une vérification rigoureuse des sources et une transparence sur les limites des données sont également cruciales pour renforcer la crédibilité.
Recommandations pratiques
Pour maximiser leur impact, les chercheurs en sciences sociales sont encouragés à adopter une communication ciblée et transparente.
Il est conseillé de se limiter à son domaine d’expertise et d’éviter les prises de position qui pourraient être perçues comme partisanes.
Par exemple, un économiste devrait se concentrer sur des analyses économiques plutôt que sur des commentaires politiques généraux.
De plus, il est préférable de mettre en avant son identité de chercheur plutôt que de cumuler des rôles de praticien, car cela peut nuire à la perception d’indépendance.
Les universités et les médias sont invités à soutenir cette approche en fournissant des formations, des ressources éditoriales et en valorisant ces activités dans les évaluations des chercheurs.
Enfin, les médias doivent veiller à présenter les chercheurs comme des experts désintéressés, en soulignant la rigueur de leurs méthodes et les limites de leurs analyses.
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