Fuite de données à l’ANTS, site qui gère les demandes de pièces d’identité : près de 12 millions de comptes seraient concernés
Lundi, le ministère de l’intérieur avait fait savoir que les « données à caractère personnel » touchées étaient les nom et prénom, l’adresse électronique et la date de naissance d’usagers..
Le 15 avril 2026, l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS), devenue France Titres-ANTS en 2024, a détecté un incident de sécurité sur son site internet. Cette agence, placée sous l’autorité du ministère de l’Intérieur, gère les demandes de pièces d’identité comme les passeports, les cartes d’identité, les titres de séjour ou encore les permis de conduire. L’incident a été révélé publiquement le 21 avril 2026 par le ministère, qui a annoncé que près de 12 millions de comptes utilisateurs pourraient avoir été compromis. Plus précisément, 11,7 millions de comptes seraient concernés, selon un communiqué officiel de la Place Beauvau. Cet événement représente l’une des plus importantes fuites de données jamais enregistrées en France, tant par son ampleur que par la nature des données potentiellement exposées.
Les données personnelles touchées par cet incident sont principalement des données d’identification, c’est-à-dire des informations permettant de reconnaître une personne. Selon le ministère de l’Intérieur, les données concernées incluent pour tous les comptes : l’identifiant de connexion, la civilité (Monsieur, Madame, etc.), le nom, les prénoms, l’adresse électronique, la date de naissance et un identifiant unique du compte. Pour certains comptes, d’autres informations pourraient également avoir été exposées, comme l’adresse postale, le lieu de naissance ou un numéro de téléphone. Ces données ne permettent pas, en l’état actuel des investigations, d’accéder illégalement aux comptes nominatifs sur le portail de l’ANTS. Aucune donnée biométrique (comme les empreintes digitales ou la photo du visage) ni aucun document justificatif (pièces jointes) n’auraient été divulgués, assure le ministère.
Face à cet incident, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a immédiatement réagi en saisissant deux instances : la justice et l’inspection générale de l’administration. Un signalement a été transmis à la procureure de la République de Paris pour l’ouverture d’une enquête, confiée à l’Office anticybercriminalité (OFAC), une unité spécialisée dans la lutte contre la cybercriminalité. Parallèlement, l’inspection générale de l’administration a été chargée d’établir la chaîne de responsabilité dans cet incident, soulignant que la sûreté numérique est un enjeu collectif majeur. Les investigations techniques internes, lancées dès la détection de l’incident, sont toujours en cours et visent à déterminer précisément son origine et son ampleur. Aucune conclusion définitive n’a encore été rendue à ce stade.
Créée en 2007 et rebaptisée France Titres-ANTS en 2024, l’Agence nationale des titres sécurisés est un établissement public français chargé de centraliser et de simplifier les démarches administratives liées aux titres d’identité et de séjour. Ses missions principales consistent à accompagner les usagers dans leurs demandes de titres réglementaires et à délivrer ces documents, qui incluent les passeports électroniques et biométriques, la carte nationale d’identité, les titres de séjour et le permis de conduire. L’ANTS agit donc comme un guichet unique pour des millions de Français et d’étrangers résidant en France, ce qui explique l’importance stratégique de la sécurité de ses systèmes d’information.

