Les cantines bolchéviques, révélatrices du « stalinisme vécu »
À l’aube de la révolution, le pouvoir bolchévique voit dans le développement de la restauration collective un formidable moteur de progrès. Celle-ci doit permettre de rationaliser la production en substituant aux méthodes artisanales de préparation de la nourriture une organisation plus moderne, d’…
Résumé
Origines des cantines soviétiques
Au début de la révolution bolchévique, en 1917, le pouvoir soviétique voit dans la restauration collective un outil majeur pour moderniser le pays.
L’objectif est triple : rationaliser la production alimentaire en remplaçant les méthodes artisanales par une organisation industrielle, améliorer l’alimentation des travailleurs et libérer les femmes de la charge domestique, souvent appelée « l’esclavage de la cuisine ».
Cette idée s’inscrit dans une vision idéologique où la cantine doit symboliser le progrès social et l’émancipation.
En 1918, des décisions comme celles d’Aleksej Badaev à Petrograd ou du Comité central en 1931 marquent le début d’une politique volontariste.
Cependant, dès les années 1930, le discours officiel, qui présente ces cantines comme un modèle accompli, contraste fortement avec la réalité vécue par les ouvriers et les employés.
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