NapseflowNapseflow
Droit

Amérique du Sud : un tiers des réfugiés vénézuéliens envisagent un retour

ONU : Migrants et réfugiés · mis à jour 14 avr.

Un frémissement plus qu’un retour massif. Selon le HCR, un peu plus d’un tiers des Vénézuéliens exilés en Amérique du Sud envisagent de rentrer - à condition que la situation socio-économique s’améliore dans leur pays..

Un tiers veut rentrer

Près d’un tiers des réfugiés vénézuéliens en Amérique du Sud envisagent de retourner au Venezuela dans les 12 prochains mois. Parmi eux, 9 % pourraient concrétiser ce projet dans l’année. Cette tendance s’inscrit dans un contexte où 6,9 millions de Vénézuéliens ont quitté leur pays, dont 4 millions ont besoin d’une aide humanitaire. L’enquête du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), menée entre janvier et mars 2026 auprès de 1 288 personnes dans six pays (Équateur, Pérou, Colombie, Brésil, Chili, Guatemala), révèle que les motivations principales incluent le regroupement familial. Cependant, cette aspiration reste fragile, car elle dépend de facteurs économiques et politiques encore instables au Venezuela. Le HCR note que 80 % de ceux qui sont déjà rentrés prévoient de rester, ce qui montre une prudence généralisée face à un retour définitif.

6,9 millions de déplacés

En novembre 2025, l’Amérique latine et les Caraïbes accueillaient 6,9 millions de réfugiés et migrants vénézuéliens, dont 4 millions nécessitaient une assistance d’urgence. Cette crise migratoire, l’une des plus importantes au monde, s’explique par une combinaison de facteurs : crise économique, instabilité politique, insécurité et accès limité aux services de base comme la santé ou l’alimentation. Les pays d’accueil, souvent confrontés à leurs propres défis socio-économiques, doivent désormais gérer cette pression démographique. Le HCR souligne que cette situation a poussé de nombreux Vénézuéliens à quitter leur pays, mais que les conditions de retour ne sont pas encore réunies pour la majorité d’entre eux.

Freins au retour

Malgré l’envie de retrouver leurs proches, les réfugiés vénézuéliens citent des obstacles majeurs à un retour au pays. Les principaux freins sont le chômage et la précarité des revenus (22 % des réponses), l’insécurité et la violence (22 %), l’insécurité alimentaire (16 %), l’accès limité aux soins médicaux (15 %) et la peur d’être victime de persécutions (14 %). Près de 60 % des personnes interrogées expriment ainsi une crainte à l’idée de rentrer, ce qui explique pourquoi seulement un tiers envisage cette option. Le HCR insiste sur le fait qu’un retour doit être volontaire, sûr et digne, et ne peut se faire sans une amélioration durable des conditions de vie au Venezuela.

Appel à l’aide financière

Pour répondre aux besoins des Vénézuéliens déplacés, le HCR a lancé un appel de fonds pour 2026 s’élevant à 328,2 millions de dollars. À la fin mars 2026, seulement 12 % de ce montant avait été collecté. Cet argent est destiné à soutenir les réfugiés et migrants dans les pays d’accueil ainsi qu’au Venezuela, où les services publics restent fragiles. Le manque de financement limite la capacité des organisations humanitaires à fournir une aide essentielle, comme l’accès à la nourriture, aux soins ou à l’emploi. Le HCR rappelle que sans un soutien financier suffisant, les conditions de vie des populations vulnérables continueront de se dégrader, retardant toute perspective de retour durable.

Ce que ça pourrait changer

Le *Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés* (*HCR*) est une agence spécialisée dans la protection des personnes déplacées. Dans cette crise, son rôle consiste à évaluer les intentions de retour des Vénézuéliens, à alerter sur les risques liés à un retour non sécurisé et à mobiliser des fonds pour financer l’aide humanitaire. Le porte-parole du HCR, Matthew Saltmarsh, a souligné lors d’un point presse que les retours doivent être encadrés pour garantir la sécurité et la dignité des personnes. L’agence travaille également avec les gouvernements locaux pour améliorer l’accès aux services de base et faciliter l’intégration des migrants dans les pays d’accueil, tout en préparant des scénarios pour un retour éventuel dans des conditions sûres.

Sujets complémentaires