Privatisation de la Coupe du monde : la Fifa fait marche arrière, Infantino sur la sellette
Lâché par les confédérations et ses plus proches collaborateurs, le président de la Fifa, Gianni Infantino, a renoncé vendredi à ouvrir aux capitaux privés l’organisation de la Coupe du monde de football. Une défaite qui fragilise considérablement le patron très controversé de l’instance dirigeante…
Résumé
Échec du projet de privatisation
Le président de la Fédération internationale de football association (Fifa), Gianni Infantino, a abandonné vendredi soir son projet de privatiser la Coupe du monde.
Ce plan prévoyait la création d'une filiale distincte, contrôlée par des investisseurs privés, pour gérer les droits commerciaux et opérationnels des compétitions organisées par la Fifa, dont la Coupe du monde est l'événement phare.
Dans un communiqué publié le 11 juillet 2026, Infantino a reconnu que ce projet avait généré des divisions si profondes qu'il ne pouvait plus atteindre son objectif initial.
Il a souligné que l'objectif de la Fifa restait « d'unir et de progresser », mais que cette proposition ne serait pas retenue.
Le projet, préparé en secret pendant des mois, visait à transformer la gestion des compétitions sportives majeures en une structure plus flexible, mais il a été rejeté par une majorité écrasante des fédérations membres.
Réaction immédiate des fédérations
Dès jeudi 10 juillet 2026, l’Union des associations européennes de football (UEFA) et la Confédération de football d'Amérique du Nord, centrale et Caraïbes (Concacaf) ont rejeté le projet de privatisation de la Fifa.
L'UEFA, qui représente 55 fédérations européennes, a même menacé de boycotter les compétitions organisées par la Fifa si le projet était adopté.
Cette opposition s'est rapidement étendue : la Confédération asiatique de football (AFC), regroupant 47 fédérations, a rejoint l'UEFA et la Concacaf, portant à 137 le nombre de fédérations opposées au projet sur les 211 que compte la Fifa.
Cette coalition a rendu impossible la mise en œuvre du plan, malgré la volonté initiale d'Infantino de le soumettre au vote des fédérations.
Démission d'un conseiller clé
Le principal conseiller de Gianni Infantino, Carlos Cordeiro, a démissionné jeudi 10 juillet 2026 en opposition au projet de privatisation.
Dans un communiqué, il a déclaré ne pouvoir « rester les bras croisés alors que la Fifa envisage de céder une participation dans la Coupe du monde » et a précisé qu'il n'avait « joué aucun rôle dans cette proposition » tout en s'y opposant fermement.
Cette démission a affaibli davantage la position d'Infantino, car Cordeiro était un proche collaborateur.
Par ailleurs, Kevin Lamour, directeur des opérations de la Fifa, a critiqué publiquement le projet, le qualifiant de « projet d'un seul homme » et accusant Infantino d'avoir « trompé » les membres de l'instance.
Ces déclarations ont encore fragilisé la crédibilité du président de la Fifa.
Fragilisation de la position d'Infantino
Les événements des 10 et 11 juillet 2026 ont fortement fragilisé la position de Gianni Infantino à la tête de la Fifa.
Réélu sans opposition en 2019 et 2023, il devait briguer un nouveau mandat en 2027, mais sa crédibilité est désormais remise en question.
Plusieurs médias, comme The New York Times et ESPN, estiment que ce revers pourrait lui coûter son poste.
L’UEFA et d'autres confédérations cherchaient déjà des candidats pour s'opposer à lui lors de la prochaine élection.
De plus, Infantino semble de plus en plus isolé, ne pouvant compter que sur le soutien de certaines fédérations africaines et sud-américaines.
Certains titres de presse, comme El País, évoquent même la possibilité d'un congrès extraordinaire pour le destituer, une démarche « sans précédent » selon le quotidien.
Risque de destitution à la Fifa
Selon les statuts de la Fifa, la destitution de Gianni Infantino pourrait être envisagée lors d'un congrès extraordinaire.
Pour convoquer une telle réunion, il suffirait du vote de 43 fédérations sur les 211 membres.
Une fois le congrès réuni, une majorité simple suffirait pour déclencher sa destitution.
Cette procédure, bien que possible, reste exceptionnelle et n'a jamais été utilisée dans l'histoire de la Fifa.
Les tensions au sein de l'instance dirigeante du football sont désormais telles que cette option hante constamment les discussions internes.
Les fédérations opposées à Infantino pourraient utiliser cette crise pour tenter de le remplacer dès 2027, lors de l'élection prévue au printemps de cette année-là.
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