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En Hongrie, la solitude des expatriés allemands d’extrême droite

Courrier International· 29 juillet 2026

Ils cherchaient “l’Allemagne d’il y a cinquante ans” et l’ont trouvée en Hongrie sous Orban. “Die Zeit” est allé à la rencontre de ces expatriés radicaux, isolés dans des fermes reculées et gagnés par les discours de l’AfD.

Résumé

1

Communauté allemande en Hongrie

Selon les statistiques fédérales allemandes, 25 381 Allemands vivent actuellement en Hongrie, un chiffre qui reflète une migration récente et ciblée.

Ce mouvement s’est accéléré après la crise du Covid-19 et les politiques migratoires allemandes, poussant ces expatriés à chercher un environnement perçu comme plus conservateur.

Leur choix s’est porté sur la Hongrie, notamment autour du lac Balaton, où ils espéraient retrouver une société proche de l’Allemagne des années 1970.

Cette communauté, diverse dans ses profils, est marquée par une radicalisation progressive autour de figures comme Ignaz Bearth, un militant suisse d’extrême droite qui anime un réseau d’expats.

Leur installation s’est souvent faite dans des zones rurales isolées, où la proportion d’étrangers n’excède pas 3 % de la population locale.

2

Motivations des expatriés

Les expatriés allemands en Hongrie ont quitté leur pays principalement en raison de deux politiques perçues comme trop libérales : la gestion de la pandémie de Covid-19 et la politique migratoire.

Ils recherchaient un cadre de vie où les valeurs traditionnelles et une identité nationale forte étaient mises en avant, un modèle incarné par le gouvernement hongrois sous Viktor Orbán.

Leur départ s’est accompagné d’un rejet de l’Allemagne contemporaine, qualifiée de woke (un terme anglophone désignant une sensibilité progressiste et inclusive, souvent critiquée par les milieux conservateurs).

Leur installation en Hongrie était donc à la fois un choix géographique et idéologique, visant à s’éloigner d’un environnement jugé hostile à leurs convictions politiques.

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Radicalisation et réseaux

Parmi les expatriés, une radicalisation s’est opérée autour d’Ignaz Bearth, un militant suisse d’extrême droite qui a créé un réseau informel pour rassembler cette communauté.

Ce réseau, bien que composé d’individus aux profils variés, a favorisé l’émergence de discours plus extrêmes, notamment parmi ceux qui ont immigré tardivement.

Anne Ringelstein, une expatriée installée avant l’arrivée d’Orbán au pouvoir, distingue deux groupes parmi les nouveaux arrivants : ceux arrivés plus tard seraient plus amers et plus enclins à adopter des positions radicales.

Cette radicalisation est particulièrement visible dans le sud du lac Balaton, où les terres sont moins chères et les échanges politiques plus intenses.

4

Isolement et rejet de la modernité

La caractéristique principale de cette communauté est sa solitude, liée à un choix de vie volontairement en marge de la société.

Beaucoup ont élu domicile dans des zones reculées, loin des centres urbains, et ont adopté un mode de vie minimaliste, voire un rejet partiel de la technologie.

Certains ont même retiré leurs enfants du système scolaire traditionnel pour les éduquer à domicile, par méfiance envers les institutions allemandes.

Leur isolement est renforcé par une méfiance généralisée envers les médias et les sources d’information extérieures, ce qui limite leurs interactions sociales et politiques.

Ce repli s’accompagne d’une difficulté à s’intégrer, malgré leur statut d’étrangers dans un pays où ils recherchent une homogénéité culturelle.

5

Changement politique en Hongrie

Le départ de Viktor Orbán du pouvoir en Hongrie, après des années de gouvernement conservateur et souverainiste, pose désormais question aux expatriés allemands.

Leur installation était en effet motivée par l’adhésion aux politiques d’Orbán, perçues comme un rempart contre le libéralisme occidental.

Avec son départ, certains s’interrogent sur la pérennité de leur choix de vie et de leurs valeurs en Hongrie.

Leur situation illustre un paradoxe : des individus en quête d’un cadre stable et conservateur ont trouvé une solitude extrême, tout en dépendant d’un système politique dont les contours évoluent désormais.

Cette incertitude renforce leur sentiment d’isolement et leur méfiance envers les changements en cours.

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